Le long processus vers la mise en ondes de Radio Taboo, une station alimentée à l’énergie solaire dans la forêt tropicale camerounaise (et un nouveau partenaire de RRI)

Le long processus vers la mise en ondes de Radio Taboo, une station alimentée à l’énergie solaire dans la forêt tropicale camerounaise (et un nouveau partenaire de RRI)

La commune de Ngambé-Tikar manque de plusieurs choses, à savoir des écoles, des bibliothèques, l’eau courante, l’électricité et des hôpitaux. Mais il y a une chose dont elle dispose désormais, c’est une station de radio.
 
Après plus de sept années de travail, Issa Nyaphaga a finalement vu sa vision se concrétiser. Entouré de membres de la communauté et de collaborateurs, il a inauguré sa station de radio en juillet 2017.
 
Monsieur Nyaphaga est un caricaturiste politique qui a fui le Cameroun dans les années 90. Il a vécu en France et aux États-Unis avant de revenir pour créer Radio Taboo.
 
Il affirme que la station touche des villages qui ont diverses traditions et cultures. Une de ses émissions vedettes est Bonsoir le village, une émission qui présente les expériences et des activités des populations de la région. Des discussions, des témoignages personnels et de la musique sont proposés dans cette émission.
 
Entièrement alimentée par des panneaux solaires installés sur son toit, Radio Taboo a été créée pour faire part des problèmes communautaires et aider à faire un rapprochement entre les cultures locales. Ses émissions abordent des sujets souvent considérés tabous, tels que les droits des personnes gais, les personnes vivant avec le VIH et le sida, ainsi que les populations autochtones telles que celles qui sont souvent appelées pygmées.
 
Grâce au soutien de l’ONG locale Hope International for Tikar People, monsieur Nyaphaga a pu obtenir un financement pour la station de radio. Cette ONG travaille avec les villages indigènes de Tikar et de Bedzan (habité par des pygmées) au Cameroun en vue de réaliser des projets dans les domaines de la santé, l’éducation et les arts.
 
Le projet radiophonique constitue « La Voix des sans voix, » une devise inscrite sur un panneau à l’intérieur du studio.
 
Les populations de la région de la plaine de Tikar parlent 20 langues différentes. Radio Taboo diffuse ses émissions dans 10 langues afin de satisfaire les besoins du plus grand nombre d’auditeurs et d’auditrices possible. Ces langues englobent le français, l’anglais, le tikar, le balon, le baboum, le djanti, le haoussa, le bavék, le fulani et le babouté (également connu sous le nom de n’vouté).
 
Beaucoup d’auditeurs et d’auditrices vivent dans des villages autochtones reculés, qui disposent de très peu de sources d’informations provenant de l’extérieur. Après avoir émis pendant une semaine environ, monsieur Nyaphaga s’est rendu compte que la majeure partie des membres de l’auditoire ciblé par la station n’avait jamais écouté la radio.
 
Les Tika ont un dicton populaire qui dit : « Investir dans les gens, c’est le meilleur investissement. » Un des objectifs de Radio Taboo c’est de rendre autonomes les femmes de la communauté. La moitié des radiodiffuseurs de la station sont des femmes. Un autre de ses objectifs est de sensibiliser la communauté aux problèmes de santé publique et d’environnement.
 
La deuxième émission vedette de Radio Taboo est Le Micro Ouvert du Magicien de la Terre. Elle aborde des questions rurales, y compris l’agriculture, les activités de microcrédit et la santé.
 
Le chemin a été long depuis le jour où monsieur Nyaphaga a eu sa vision, et l’obtention du financement, la construction de la station de radio, de la tour de radiodiffusion et du système d’énergie solaire. Mais le 23 juillet 2017, à 17 h 43, heure locale, Radio Taboo a commencé à émettre avec ces mots de son fondateur « Bonsoir! Je suis Issa Nyaphaga de N’ditam. Nous émettons sur la 96.0 FM …. Est-ce que quelqu’un m’entend? »
 
Radio Taboo a encore un long chemin à parcourir. La station émet seulement six heures par jour en raison des limitations des panneaux solaires. Monsieur Nyaphaga aimerait étendre le rayon de diffusion de la station au-delà des 40 kilomètres qu’elle couvre actuellement. De plus, le personnel a besoin de plus de formations et des ressources.
 
Toutefois, monsieur Nyaphaga est fier du progrès qu’ils ont accompli. Il affirme que la station est ouverte à la communauté, et qu’elle a ajouté récemment un volet pour l’apprentissage informatique. Il déclare : « Ce projet a repoussé les frontières et maintenant les villageois considèrent les pygmées comme des personnes ayant les mêmes droits qu’eux, ce qui est une avancée majeure. »
 
Radio Taboo est un de nos nouveaux partenaires de la radiodiffusion. Maintenant, nous avons plus de 720 partenaires dans 40 pays. Ils reçoivent nos ressources pour la radiodiffusion, comme Barza infos et nos ensembles mensuels. Ils reçoivent aussi des invitations pour nos opportunités d’apprentissage. Pour accéder aux ressources ou devenir partenair, accédez à https://farmradio.fm/fr/
 
Cet histoire était publié dans Barza infos, notre service d’actualité hebdomadaire qui fournit des nouvelles concernant les agriculteurs et agricultrices d’exploitations familiales, ainsi que les communautés rurales.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *