Les cultivateurs de maïs ont recours aux téléphones cellulaires et aux radios pour s’adapter à la sécheresse

Les cultivateurs de maïs ont recours aux téléphones cellulaires et aux radios pour s’adapter à la sécheresse

Fatuma Aly Kajogoo ajuste son foulard rouge pour mettre ses yeux à l’abri de la sueur. Elle se tient debout, souriante, entre les rangées de pousses de maïs qui, elle espère, lui procureront suffisamment de nourriture pour ses six enfants. Fati,a cultive du maïs et du manioc sur son acre de terre à Songa, un village de la région de Tanga, en Tanzanie, à environ six heures de route au nord de Dar es Salaam.
 
À l’instar de plusieurs de ses collègues de la région, elle a changé de façon de cultiver pour s’adapter aux conditions climatiques plus sèches, à l’épuisement du sol et aux nouvelles variétés de semences. Et tout comme beaucoup d’agriculteurs et d’agricultrices, elle a recours à son téléphone cellulaire et sa radio lorsqu’elle a besoin d’informations et de conseils sur de nouveaux intrants et de nouvelles techniques agricoles.

« Les femmes assument plusieurs tâches [telles que] cuisiner, [et] aller chercher du charbon de bois et de l’eau. L’émission radiophonique passe à une heure qui me convient. »

Elle parle de Shamba darasa ou « Cours au champ, » une émission hebdomadaire diffusée sur Voice of Africa pendant deux saisons en 2016 et 2017. L’émission a abordé plusieurs aspects de la culture du maïs, tels que l’utilisation des engrais, la sélection des semences, la lutte contre les ravageurs et la récolte.
 
Les auditeurs et les auditrices pouvaient également s’abonner pour recevoir des conseils et des annonces de rappel connexes par le biais de messages textes gratuits. L’ONG CABI, ou Centre international pour l’agriculture et les sciences biologiques, a préparé les messages en collaboration avec des paysans, des paysannes, des fournisseurs d’intrants et d’autres expert(e)s agricoles. Les paysans et les paysannes recevaient des conseils sur l’agriculture plusieurs fois par semaine sur leurs portables. Radios Rurales Internationales a aidé Voice of Africa à préparer les émissions radiophoniques.
 
Fatuma affirme avoir appris des choses aussi bien de l’émission radiophonique que des SMS qui lui rappelaient ce qu’elle avait entendu à la radio. Elle déclare : « Avec les SMS, il faut les lire et, parfois, c’est difficile à comprendre. Il n’y a pas assez d’explications. [Mais] la radio c’est comme une conversation, et vous pouvez mieux comprendre. »
 
Yusta Tarimo est l’agente de vulgarisation agricole de Songa. Selon elle, les conseils par SMS constituaient un complément aux émissions radiophoniques. Mais elle convient avec Mme Kajogoo que la radio est plus facile à comprendre pour beaucoup d’agriculteurs et d’agricultrices. Elle ajoute : « Certains agriculteurs ne savent pas lire les messages envoyés par SMS. Parfois, ils reçoivent les SMS, les lisent rapidement, et les oublient ensuite. »
 
La baisse de la pluviométrie et l’épuisement des sols se sont soldés par une récolte de maïs désastreuse dans la majeure partie de la région de Tanga, l’an dernier. Jumanne Ramadani Jumbe a récolté trois sacs de maïs de 100 kilogrammes chacun sur son exploitation de deux acres et demi à Songa. Après 20 ans passés à cultiver du maïs, du manioc et du riz, il soutient qu’il avait besoin d’apprendre de nouvelles techniques pour pouvoir s’adapter aux nouvelles conditions climatiques.
 
Jumanne explique : « J’ai cultivé pendant longtemps. Avant, j’enseignais. Mais je m’instruisais toujours beaucoup. En effet, j’ai appris à utiliser les [nouvelles variétés de] semences certifiées, lutter contre les ravageurs et les maladies, et connaître le bon moment pour semer. »
 
Jumanne a appris ces choses auprès d’agriculteurs, d’agricultrices et d’expert(e)s qui partageaient leurs expériences durant l’émission radiophonique, et grâce aux conseils qu’il recevait sur son portable. Par exemple : il a appris à reconnaître les maladies virales qui attaquent les plants de maïs. Il a également appris quoi faire lorsqu’un de ses plants était infecté. La fois suivante où il sema du maïs, en se servant de ses nouvelles connaissances et ses nouvelles semences, il récolta 27 sacs.
 
En 2017, Fatuma a également obtenu une bien meilleure récolte qu’en 2016. Elle déclare : « Lors des saisons précédentes, à cause des mauvaises conditions climatiques, j’ai récolté moins de trois sacs de maïs de [100 kilogrammes] sur une acre. Le résultat a été que ma famille a souffert de faim. »
 
Cette année, Fatuma a semé une nouvelle variété de maïs qui tolère le climat chaud et sec et résiste aux maladies. Elle a récolté plus de 15 sacs de maïs.
 
En ce qui la concerne, elle aimerait continuer à recevoir des conseils agricoles et des annonces de rappel sur son téléphone. Elle a son téléphone portable tout le temps sur elle, et pas uniquement pour les appels et les messages. Elle l’utilise également en guise de récepteur FM pour écouter ses émissions radiophoniques préférées.
 
Ce projet est possible avec l’appui du Fonds de stimulation des services de vulgarisation en TIC de la Nouvelle Alliance de l’USAID, par l’entremise du Fonds international de développement agricole en Tanzanie. Pour en savoir davantage sur le Fonds, cliquez sur : https://www.ifad.org/
 
La présente nouvelle était publié dans Barza infos, notre service d’actualité hebdomadaire qui fournit des nouvelles concernant les agriculteurs et agricultrices d’exploitations familiales, ainsi que les communautés rurales. Lisez ici.
 

À propos de l’auteur
Jaime Little est volontaire avec la programme Uniterra. Elle travaille comme Barza Wire Advisor, à Arusha, Tanzanie. Elle prend un congé de CBC/Radio-Canada a Montréal ou elle est productrice pour CBC North et produit 4 programmes radios quotidiens d’actualité ainsi que les nouvelles et le infos digitaux en Cree et français.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *