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Textes pour la radio

Textes pour la radio

Pochette 64, Numéro 4
Juillet 2002

La conservation du sol protège les terres même lorsqu'un ouragan frappe

Notes au diffuseur

Les catastrophes naturelles telles que les inondations et les ouragans causent des dommages importants aux terres arables. Les dégâts peuvent être atténués si les agriculteurs utilisent des techniques de conservation du sol. Les agriculteurs peuvent construire des murs de pierres, créer des barrières végétales, ajouter des matières organiques au sol et cultiver des cultures de protection. Certaines techniques de conservation du sol créent des barrières physiques qui empêchent l'érosion. D'autres techniques prônent l'utilisation des arbres et des cultures de protection pour garder le sol en place. Un grand nombre de techniques de conservation du sol visent à garder l'humidité dans le sol. Le sol qui garde l'humidité reste en place. Le sol sec s'érode ou se perd en poussière. Voilà des préoccupations importantes quand une catastrophe frappe.

Après que l'ouragan Mitch eut frappé l'Amérique centrale en 1998, une étude scientifique a comparé les dégâts dans les fermes où l'on pratiquait la conservation du sol et les fermes où l'on n'utilisait pas cette technique. Dans les fermes où l'on pratiquait la conservation du sol, les dégâts étaient moindres. Le sol était plus profond dans ces fermes et les niveaux d'humidité du sol étaient plus élevés. Voir les sources de renseignements à la fin du texte où on vous dira comment obtenir un exemplaire de cette étude.
Le texte suivant est une histoire vraie. Deux agriculteurs qui ont survécu à l'ouragan Mitch nous racontent l'histoire de cet ouragan. Nous vous proposons d'inviter des bénévoles à jouer le rôle de ces personnages. Nous vous conseillons de faire répéter les acteurs avant qu'ils jouent leurs rôles en studio. Ils joueront ainsi de façon plus convaincante.

Voici des suggestions pour des émissions radio à venir sur ce thème :


Personnages
Narrateur
José, agriculteur
Juan, agriculteur
Carlos, agriculteur
Chercheur

Narrateur : Il y a plusieurs années, un ouragan violent, appelé Mitch, s'abat sur l'Amérique centrale. Des vents violents balaient la côte et il pleut pendant une semaine. Plus d'un mètre de pluie tombe sur les pays suivants : l'Honduras, le Nicaragua et le Guatemala. Des inondations et des glissements de terrain détruisent maisons, routes, cultures et animaux tout en entraînant la mort de près de dix mille personnes. Les agriculteurs qui vivaient sur les versants des collines ont été les plus touchés par les dégâts. Mais, après l'ouragan, les agriculteurs ont constaté quelque chose. Certaines fermes avaient subi plus de dommages que d'autres. Voici, pour nous en parler, José Antonio Briones, agriculteur.

José : Dimanche, la tempête a pris fin. Le lendemain, je me suis rendu dans mes champs. J'étais heureux car il n'y avait pas beaucoup d'érosion dans mes terres. Des roches avaient dégringolé la montagne et avaient atterri dans mes champs. Je n'avais pas perdu trop de terre. J'ai ensuite aperçu la ferme de mon voisin : la terre avait disparu! Le sol était couvert de roches. À présent, il est impossible de cultiver dans cette ferme!

Narrateur : Pendant trois jours, au moment où Mitch s'abattait sur eux, les membres de la famille Cruz se sont rassemblés à l'intérieur de la maison. Des roches dégringolaient des versants des collines. Les membres de la famille Cruz avaient peur que la toiture ne soit emportée par les vents. Lorsqu'ils sont enfin sortis de la maison, ils ont vu que leur terre était couverte de roches et de souches. Il y avait une fissure profonde au milieu de la ferme où l'eau s'était écoulée. Voici, pour nous en parler, Juan Cruz, agriculteur.

Juan : Dans notre ferme, nous avons tout perdu à cause de l'ouragan. Nous n'avons pas uniquement perdu les haricots, mais aussi la terre. Le sol était lavé! Maintenant il y a une grande rigole au milieu de mon champ. Quand nous nous sommes rendus compte de ce qui s'était passé, nous avons pleuré. Nous avons maintenant abandonné le champ. Nous n'avons plus d'endroit pour planter. Tout est aride - il n'y a que des pierres et des roches.

PAUSE MUSICALE (5 SECONDES).

Narrateur : Ces deux agriculteurs, Juan et José, ont vécu différentes expériences. Et ils n'étaient pas les seuls. Partout dans la région, on racontait des histoires semblables. Certains agriculteurs ont perdu leur terre, d'autres non. Pourquoi? Nous avons demandé à un des chercheurs impliqués dans des études portant sur ces fermes après l'ouragan.

Chercheur : Quand il fut évident que certains agriculteurs s'en étaient mieux tirés que d'autres, nous avons voulu savoir pourquoi. Nous avons comparé des fermes où l'on utilisait des méthodes de conservation du sol avec des fermes où l'on n'utilisait pas ces méthodes. Nous avons trouvé que le sol dans les fermes où l'on pratiquait des techniques de conservation du sol était plus profond que le sol dans les autres fermes. Ces fermes ne perdaient pas autant de terre. Par exemple, certains agriculteurs avaient érigé des murs de pierres et planté des rangs d'arbres pour retenir le sol qui venait des versants de la montagne. D'autres agriculteurs avaient labouré leur terre le long de la courbe de niveau de la pente au lieu de haut en bas. Ils avaient gardé le sol couvert en tout temps de cultures de protection. Toutes ces mesures ont aidé à garder leur sol en place même au moment où l'ouragan a frappé.

Narrateur : Après la tempête, un grand nombre d'agriculteurs ont visité les fermes de leurs voisins. Ils ont eux-mêmes constaté la différence. Certains des agriculteurs qui avaient perdu leur terre voulaient changer leurs pratiques d'agriculture. Pour nous en parler, voici Carlos, agriculteur.

Carlos : Nous avons vu les bienfaits des méthodes de conservation du sol. Nous songeons maintenant au reboisement. Nous songeons à labourer nos champs à travers la courbe de niveau de la pente, au lieu de haut en bas. Nous songeons à créer des brise-vent pour mieux protéger le sol. Nous apprenons à couvrir le sol pour qu'il ne soit pas lavé ou qu'il ne sèche pas. On nous avait appris à brûler des tiges de maïs pour rendre le sol plus fertile. Mais en brûlant ces tiges de maïs, nous rendons le sol plus vulnérable. Une bonne pluie et tout est lavé.

Juan : Vous songez à ce que l'agriculteur là-bas a fait, comment il a couvert le sol. Vous regardez, vous comprenez et vous apprenez. Vous apprenez à reboiser, à créer des terrasses en suivant les courbes et à ériger des barrières végétales. Vous apprenez à protéger le sol un peu plus afin que le sol ne s'échappe pas dans la mer.

Narrateur : Un grand nombre d'agriculteurs ont constaté qu'ils devaient travailler ensemble, en collaboration avec d'autres agriculteurs, pour protéger le versant de la colline en entier. Ils ne pouvaient pas uniquement travailler dans leur propre ferme. Ils ont constaté qu'ils devaient s'occuper de la terre sur les versants des collines au-dessus de leur ferme en plantant des arbres et en prenant soin de la terre. Les racines des arbres retiennent le sol et les roches. Quand les arbres sont emportés, le sol peut facilement être lavé pendant les glissements de boue et de roches. Mais il est difficile d'essayer de nouvelles méthodes. On craint d'être perçu comme étant ridicule. Juan Antonio Briones va maintenant nous parler du temps où il a commencé à cultiver d'une façon différente.

Juan : Les gens se moquaient de moi ce qui me blessait profondément. On doit avoir de l'espoir pour essayer ces nouvelles méthodes.

Chercheur : Nous devons tirer une leçon de l'ouragan Mitch sinon l'histoire se répétera. Les agriculteurs qui ne s'occupent pas de leur terre vont être anéantis de nouveau. Nous vivrons d'une urgence à l'autre.

MUSIQUE POUR TERMINER L'ÉMISSION

- FIN -


Remerciements
Ce texte a été adapté de la publication Reasons for Resiliency: Towards a sustainable recovery after Hurricane Mitch et du video Changing Course, tous deux publiés par World Neighbours (pour de plus amples renseignements, voir plus bas).

Sources de renseignements
Reasons for resiliency: Toward a sustainable recovery after Hurricane Mitch, 2000. World Neighbors Central America Office, Apartado 3385, Tegulcigalpa Honduras. Tél. : 504-230-2006, téléc. : 504-230-2004, c. élec. : cnvm@sdnhon.org.hn World Neighbours headquarters, 4127 NW 122 Street, Oklahoma City, OK 73120, USA, Tél. : 1-800-242-6387 et 405-752-9700, téléc. : 405-752-9393, c. élec. : info@wn.org Site Web: http://www.wn.org Le document est disponible en ligne à l'adresse Web suivante : http://www.wn.org/mitch.pdf

Changing course: recovery & research after Hurricane Mitch, 2000, video (17 minutes). World Neighbours, 4127 NW 122nd Street, Oklahoma City, OK 73120-8869, USA. C. élec. : info@wn.org. Adresse Web : http://www.wn.org

Hurricane Mitch reveals benefits of sustainable farming techniques, Eric Holt-Giménez, Global Pesticide Campaigner, volume 10, number 3, décembre 2000. Pesticide Action Network North America, 49 Powell St., #500, San Francisco, CA 94102 USA. Site Web pour le numéro de décembre 2000. Adresse Web : http://www.panna.org/panna/resources/gpc/gpc_200012.10.3.dv.html

Holding their ground, Kevin Krajick. Ford Foundation Report, automne 2001. Adresse Web : http://wwf.fordfound.org

Measuring Farmers' Agroecological Resistance to Hurricane Mitch in Central America, Eric Holt-Gimenez, 2000. Résumé en anglais en ligne à l'adresse suivante : Web : http://www.agroecology.org/people/eric/resist/synopsis.htm. Texte intégral en espagnol à l'adresse Web : http://www.agroecology.org/people/eric/resist/resist.pdf