Textes pour la radio
Pochette 57, Numéro 1
Octobre 2000
Les femmes cultivent la plupart des produits nécessaires à l’alimentation
Message principal de l’émission: Dans plusieurs communautés, ce sont les femmes qui cultivent la majorité des produits nécessaires à l’alimentation. Cependant, leur apport est peu souvent reconnu. Cette importante contribution des femmes agricultrices à la production alimentaire mérite d’être reconnue et estimée. Il est nécessaire d’écouter leurs préoccupations en matière d’agriculture et de les supporter dans leurs efforts pour avoir accès à la terre et au crédit pour maximiser la production alimentaire.
Suggestions: Nous vous recommandons de faire des interviews avec des femmes de votre communauté afin de faire connaître leurs connaissances et leurs compétences. Pour réaliser ces entrevues, allez à pied rencontrer les femmes dans leurs propres maisons. Ces entretiens doivent être conduits de façon informelle, détendue et respectueuse. Il est préférable de les faire brèves, probablement pas plus d’une heure.
Les personnages
Le narrateur: Il peut être l’hôte du programme.
Le Chef Kufa: Homme sage, il est le chef du village. Il est
fort de caractère, autoritaire, une voix que tous respectent.
Mme Mirla: Agricultrice.
Mme Kamanga: Agricultrice.
MUSIQUE D’INTRODUCTION.
LA MUSIQUE S’ESTOMPE.
Le narrateur: Bienvenue à notre émission! Nous parlerons des femmes de nos villages. Le respecté Chef Kufa participe aujourd’hui à notre émission. Je lui cède immédiatement la parole.
Chef Kufa: Salutations à vous tous! Je veux vous faire part aujourd’hui d’un aspect de notre vie communautaire qui me dérange beaucoup. J’ai le sentiment qu’ici, dans mon village, nous ne valorisons pas et n’apprécions pas le travail des femmes agricultrices. En fait, leur travail est tout simplement ignoré.
Qui sont-elles les femmes de mon village? Les femmes de mon village sont agricultrices. Elles cultivent la majorité des produits nécessaires à notre alimentation. Elles ensemencent les champs et récoltent les légumes de leurs jardins. Leur production dépasse nos besoins. Ce surplus elles l’offriront au marché local de sorte qu’elles pourront acheter des vêtements et des livres pour leurs enfants. Plus, les femmes du village prennent soin du bétail, coupent le fourrage pour nourrir les bêtes et les conduisent aux pâturages. Elles produisent aussi des médicaments à partir de plantes sauvages. Elles ont des façons spéciales d’entreposer les semences, de conserver le poisson, les viandes, les légumes et les fruits soit en les fumant ou les faisant sécher.
Est-il nécessaires d’ajouter? Je suis convaincu que vous comprenez qu’elles sont très travailleuses.
Chef Kufa: J’ai songé à plusieurs reprises
quelle serait la meilleure façon d’évaluer leur travail.
Il est difficile de le faire; s’il nous était possible de le mesurer
pour ensuite le transformer en notre monnaie locale… Ce serait beaucoup
d’argent!
INTRODUIRE DE LA MUSIQUE (Une courte pose musicale permettra aux auditeurs
de bien mesurer le message du Chef Kufa).
LE NARRATEUR REPREND TOUT EN GARDANT UN FOND MUSICAL DISCRET.
Le narrateur: Chers auditeurs, êtes-vous d’accord
avec les propos du Chef Kufa? Le chef est fier des femmes de son village.
Comprenez-vous pourquoi?
HAUSSER LA MUSIQUE À UN VOLUME NORMAL PENDANT 5 SECONDES, PUIS
LA SUPPRIMER
GRADUELLEMENT.
Chef Kufa: Bienvenue à nouveau! Pour nous parler
de ces aspects de notre vie communale, j’ai invité deux agricultrices
de mon village qui gèrent avec succès leurs fermes. Vous
serez intéressés de connaître les raisons de ce succès.
Il me fait donc plaisir de vous présenter
Mmes Mirla et Kamanga. A vous deux, mes salutations respectueuses!
Mmes Mirla et Kamanga: Bonjour, Chef Kufa.
Chef Kufa: Abordons la discussion directement. Mme Kamanga, commençons par vous.
Dans notre village, vous êtes reconnue pour obtenir de hauts rendements dans la culture des céréales. Pouvez-vous expliquer comment il vous est possible d’obtenir de si hauts rendements des cultures de mais et de sorgho?
Mme Kamanga: Je dois vous confier un secret. En réalité, je ne produis pas plus de céréales que les autres fermières et fermiers. Mais je les entrepose avec beaucoup de soins de sorte que les insectes ne puissent pas les endommager!
Voici comment je procède. D’abord comme la plupart des fermiers, je mets les céréales dans des sacs de jute. Je mélange ensuite les céréales avec différents éléments pour les protéger contre les insectes et la vermine. J’essaie toujours de nouvelles méthodes. J’ai essayé des cendres de bois, de la poudre tirée des noix, des feuilles de nochi, de margousier et d’eucalyptus. Quand l’une ou l’autre des méthodes s’avère efficace, je l’utilise.
Ainsi, Chef Kufa, j’ai toujours beaucoup de céréales à
vendre et la raison, je le répète, c’est qu’il y a peu de
dommages à la production dans mes sites d’entreposage.
DE LA MUSIQUE PENDANT 3 SECONDES, PUIS DIMINUER LE VOLUME PENDANT LE
COMMENTAIRE DU NARRATEUR.
Le narrateur: Les femmes sont expertes en matière
d’entreposage. Elles expérimentent diverses façons d’entreposer
les aliments, des tâches qu’elles font à la maison, dans leurs
champs et leurs jardins, tout comme les chercheurs dans les universités.
LA MUSIQUE S’ESTOMPE.
Chef Kufa: A nos auditeurs, bonjour à nouveau! Nous sommes toujours en compagnie de Mmes Mirla et Kamanga discutant de leur succès en affaires.
Mme Mirla, je me rappelle que vous aviez un travail au gouvernement. Récemment, j’ai observé que vous travaillez tous les jours dans votre champ de culture. Pourquoi êtes-vous revenue à l’agriculture?
Mme Mirla: Chef Kufa, j’ai perdu mon travail au gouvernement, il y a cinq ans; ce service du gouvernement a été transféré dans une autre partie du pays. Mon mari était aussi sans emploi. Il avait beaucoup de difficultés à se trouver du travail. J’ai donc dû me trouver du travail. J’avais déjà un grand jardin et j’ai décidé de l’agrandir. Maintenant, je cultive plusieurs variétés de patates douces et des fèves que je vends au marché du village. Les gens apprécient leur goût et achètent toujours mes légumes.
Chef Kufa: Mme Mirla, je sais maintenant que vous cultivez beaucoup de légumes et suis sûr que votre famille se nourrit bien. Suis-je trop indiscret de vous demander si votre ferme est rentable?
Mme Mirla: Chef Kufa, je suis heureuse de vous dire que je fais beaucoup d’argent avec les produits de ma ferme. En fait, je gagne plus d’argent maintenant qu’auparavant comme employée du gouvernement!
Il y a autre chose que je dois vous dire également. Parce que
je fais tant de travail sur la ferme, mon mari et moi avons décidé
qu’il m’appartient désormais de décider comment dépenser
l’argent nécessaire à la ferme. Maintenant, j’ai toujours
mon propre revenu et j’utilise l’argent pour nourrir et vêtir mes
enfants. Nous jouissons tous d’une meilleure vie.
MUSIQUE (À la hausse et joyeuse).
CONTINUEZ LA MUSIQUE EN SECOND PLAN PENDANT LE COMMENTAIRE DU NARRATEUR.
Le narrateur: Quelles sont les sortes de légumes
que les femmes de votre communauté cultivent? Les femmes savent
comment cultiver des légumes qui sont nutritifs et ont bon goût.
LA MUSIQUE S’ESTOMPE.
Chef Kufa: Nous sommes de nouveau en compagnie de Mmes Mirla et Kamanga partageant leurs informations révélant les succès dans l’exploitation de leurs fermes. J’ai cependant gardé une dernière question pour elles. Celle-ci concerne la sécheresse que nous avons eue, il y a deux ans. Tout le monde s’en rappelle. Des villageois affirment que ce sont les femmes qui nous ont sauvés de la famine.
Mme Kamanga: Oui, plusieurs le croient! Les femmes se sont
regroupées pour la cueillette de fruits sauvages et de légumes
pour nourrir nos familles. Nombreuses sommes-nous à savoir où
trouver ces plantes et comment les récolter. Nous savons comment
les préparer pour en faire des repas. Même s’il n’y a pas
de sécheresse cette année, nous continuons à cueillir
ces légumes et fruits et les mettons en conserve. Nous les gardons
au cas où nous soyons de nouveau victimes d’une sécheresse.
PAUSE MUSICALE.
Chef Kufa: Chers auditeurs, comprenez-vous maintenant mes
idées au sujet des femmes agricultrices? J’estime que les femmes
méritent plus de respect. Notre communauté ne pourrait survivre
sans elles. Et comme je l’ai dis plus tôt, leurs préoccupations
sont souvent ignorées. Mais les fruits de leur travail nous permettent
de survivre et de prospérer. Les femmes traitent les visiteurs,
les hommes et les enfants les premiers…et souvent mangent les dernières.
LANCEZ LA MUSIQUE ET LA MAINTENIR DOUCEMENT PENDANT CETTE NARRATION
(Cette musique mettra l’emphase sur les points importants que le chef s’apprête
à aborder).
Chef Kufa: Je sais ce que je peux faire. Je peux parler de ces questions lors des réunions des membres de cette communauté. Les autres hommes qui sont membres du conseil m’écoutent. Ensemble, nous pouvons changer ces vieilles attitudes et donner aux femmes qui nourrissent leurs familles le respect qui leur est dû.
Nous devons considérer ce point: ce sont les femmes qui cultivent
la plupart des produits nécessaires à notre alimentation.
Les écouter et répondre à leurs demandes est la seule
façon d’accroître la production alimentaire dans nos villages.
MAINTENIR LA MUSIQUE ET ENSUITE LA SUPPRIMER GRADUELLEMENT.
- END -
Remerciements
Contribution: Jennifer Pittet, Researcher/Writer, Toronto,
Canada.
Révision: Dr. Helen Hambly, Research Officer,
International Service for National Agricultural Research (ISNAR), The Hague,
The Netherlands.
Sources d’information
“Women and dryland post-harvesting practices in Tamil-Nadu,
India,” S. Parvathi, K. Chandrakandan et C. Karthikeyan, Indigenous
Knowledge and Development Monitor, Vol. 8, Issue 1, mars 2000. Centre for
International Research and Advisory Networks, PO Box 29777, 2502 LT The
Hague, The Netherlands.
“Organic farming lifts the status of women,” John
W. Njoroge, Ecology and Farming, janvier 1996. International Federation
of Organic Agriculture Movements, Okozentrum Imsbach, D-66636 Tholey-Theley,
Germany.
“African women farmers utilize local knowledge,”
Monika Hoffmann-Kuehnel, ILEIA Newsletter, décembre 1989. Information
Centre for Low-External Input and Sustainable Agriculture, Kastanjelaan
5, PO Box 64, 3830 AB Leusden, The Netherlands.


