Textes pour la radio
Pochette 57, Numéro 12
Octobre 2000
Il est important que les femmes participent aux élections
Message principal de cette émission: L’objectif de cette
émission est d’encourager les femmes à exercer leur droit
de vote. Malgré leur rôle important dans la société,
les femmes ont moins de pouvoir que les hommes en ce qui concerne les prises
de décisions en matière politique. Les femmes ont un
moyen de participer aux décisions politiques: le vote aux
élections locales.
Suggestions: Vous pouvez remplacer certains noms et expressions
dans le dialogue qui suit pour qu’ils correspondent mieux à vos
auditeurs.
Les personnages
Le narrateur: Il explique la scène et donne des informations.
Hélène: Une femme âgée, grand-mère
et fermière. Elle est très active dans sa communauté.
Elle pense qu’il est très important de voter aux élections.
Juanita: Mère et fermière (elle est plus jeune qu’Hélène).
Elle n’a jamais voté mais elle veut en apprendre plus.
Le narrateur: Chaque femme a le droit de voter. L’émission d’aujourd’hui est importante pour vous les femmes; elle explique pourquoi l’exercice du droit de vote lors des élections locales est primordial. Nous voulons encourager les autres femmes de votre communauté à voter. Votre vote est important; les femmes savent ce dont leurs familles et leurs communautés ont besoin. Elles font un travail extrêmement important comme par exemple cultiver les terres, préparer les repas, ramasser du bois de chauffage, aller chercher de l’eau et s’occuper des enfants. Malgré ce travail au sein de leurs communautés, elles ont moins de pouvoir que les hommes en matière politique. Ces décisions ont des conséquences sur leur vie quotidienne. Le vote est une forme de participation à la vie politique locale.
Aujourd’hui, nous allons entendre une conversation entre deux femmes sur le thème du vote. Elles rentrent du marché en autocar. Hélène est grand-mère et fermière et explique l’importance du vote des femmes dans sa communauté. Juanita est fermière aussi et mère de quatre enfants. Elle n’a jamais voté mais elle veut en savoir davantage. Ecoutons leur conversation.
Hélène: Bonjour! Comment vas-tu Juanita? Est-ce que je peux m’asseoir?
Juanita: Oui, je t’en prie. Je suis heureuse de te voir Hélène.
Hélène: Moi aussi. As-tu passé une bonne journée au marché?
Juanita: Plutôt bonne. Et toi?
Hélène: J’ai vendu la quasi-totalité de mes haricots. C’était une bonne journée. Comment vont tes enfants Juanita?
Juanita: Ils vont bien, merci. J’en ai quatre maintenant. As-tu vu les personnes qui distribuaient des documents au marché?
Hélène: Oui. Ces documents concernent les élections à venir dans la région. En as-tu entendu parler?
Juanita: Oui, j’en ai entendu parler.
Hélène: J’en ai pris un. Je veux le lire avant d’aller voter.
Juanita: Est-ce que tu votes à chaque élection, Hélène?
Hélène: Bien sûr! Je veux que ça change dans ma communauté. Voter, c’est une façon de faire avancer les choses. Tu ne votes pas, Juanita?
Juanita: J’y ai pensé mais je n’ai jamais voté. Je voudrais en savoir plus; je ne sais à qui m’adresser.
Hélène: C’est bien que nous soyons ensemble aujourd’hui! J’ai été très occupée dans ma communauté; j’encourage les femmes à voter. Je serais heureuse de te parler du vote.
Juanita: Dis-moi d’abord. Pourquoi votes-tu?
Hélène: Nous savons toutes les deux que le gouvernement influence nos vies de façons diverses. Il prend des décisions au sujet de l’éducation de nos enfants, de la santé de nos familles. Il construit aussi des routes comme celle sur laquelle nous sommes actuellement. Le gouvernement sera toujours présent dans nos vies et je veux être sûre d’avoir mon mot à dire. C’est pour ces raisons que je vote!
Juanita: Je comprends, mais pour moi, ce n’est pas si simple. Mon mari pense que les femmes n’ont pas à voter. Il dit que je n’ai pas besoin de voter puisqu’il va voter pour moi. Si je lui désobéissais, il serait en colère.
Hélène: Tu n’es pas la seule. De nombreuses femmes ne votent pas, leurs maris ne leur donnant pas la permission. Il faut que tu saches que les hommes et les femmes ont le droit de vote. Personne n’a le droit de t’empêcher de voter, même ton mari.
Juanita: Alors même si je suis d’accord avec le vote de mon mari, je devrais voter quand même et voter en mon nom?
Hélène: Oui! Tu sais ce dont ta famille et ta communauté ont besoin. Les responsables ont besoin de ces informations pour savoir ce qui est important. Qui pourrait leur dire mieux que les femmes?
Juanita: Dans mon village, certains ne souhaitent pas que les femmes donnent leur avis sur la politique.
Hélène: C’est la même chose dans mon
village. Mais souviens-toi que les femmes ont un rôle essentiel dans
leurs communautés. Nous cultivons, nous préparons les repas,
nous ramassons du bois de chauffage, nous allons chercher de l’eau et nous
nous occupons des
enfants. Nous avons aussi un rôle à jouer.
Hélène (cont): Si les femmes arrêtaient de travailler, nos communautés ne survivraient pas! Les femmes méritent bien de participer à l’élection des responsables gouvernementaux!
Juanita: Mais Hélène, penses-tu vraiment que le vote des femmes peut faire changer les choses?
Hélène: Oui, mais cela prendra du temps. Si plus de femmes votent, elles verront que leurs votes peuvent changer les choses. C’est clair; si on ne vote pas, rien ne changera!
Juanita: Je n’avais jamais pensé à cela auparavant. C’est vrai, je veux une vie meilleure pour mes enfants mais les responsables ne parlent pas des sujets qui me concernent. Dans ma communauté, nous avons besoin de soins médicaux et d’un enseignement de meilleure qualité. Aucun responsable ne parle de telles mesures. Alors quelle sera la différence si je vote?
Hélène: Si les femmes votent, nous pourrons attirer l’attention de nos responsables sur ce qui nous semble important. Nous savons tous que ce qu’ils veulent le plus, c’est gagner les élections. Si les femmes ne votent pas, ils n’incluront pas leurs demandes dans les programmes politiques.
Juanita: Je ne suis pas sûre de comprendre.
Hélène: Laisse-moi t’expliquer. Le maire de notre communauté a dit qu’il allait construire un centre de soins de santé. Nous avons attendu quatre ans. Il n’a rien fait. Au moment des élections, les femmes se sont réunies et ont décidé de voter contre lui. Il a perdu l’élection. Maintenant, nous avons un nouveau maire qui écoute très attentivement ce que les femmes disent. Si nous votons, nous serons entendues!
Juanita: De quoi ai-je besoin pour voter?
Hélène: Tu auras besoin d’une carte d’identification. C’est un papier officiel qui prouve qui tu es. Au moment de voter, tu devras présenter cette carte. De cette façon, les élections seront équitables.
Juanita: Beaucoup de femmes que je connais ne savent ni lire ni écrire. Est-ce qu’elles peuvent voter quand même?
Hélène: Oui, bien sûr! Les femmes peuvent voter même si elles ne savent ni lire ni écrire. Elles peuvent demander à une amie de les aider. Elles peuvent aussi apprendre à reconnaître les couleurs et les symboles des partis politiques et des responsables du gouvernement. Cela aide à identifier les personnes pour lesquelles on veut voter.
Juanita: Dois-je dire à quelqu’un pour qui je vote?
Hélène: Non. Tu n’as pas à le dire, pas même à ton mari ni à ta famille. Chacun a le droit de garder son vote secret.
Juanita: J’ai entendu des femmes dire qu’elles n’iront
pas voter parce que les responsables des bureaux de vote ne sont pas
sympathiques. L’une d’entre elles a dit qu’ils avaient essayé
de lui faire peur pour qu’elle vote pour leur candidat.
Hélène: J’ai aussi entendu ce genre d’histoires. En fait, ceci m’est arrivé. Un homme du bureau de vote m’a dit que si je ne votais pas pour la personne qu’il voulait voir élue, je n’avais qu’à rentrer chez moi. Je savais que ce n’était pas vrai. Chacun a le doit de voter en toute sécurité et en secret. Je ne laisserai personne m’enlever le droit de vote!
Juanita: C’est plus simple pour toi, Hélène. Tu es plus âgée et tes enfants sont adultes. Contrairement à moi, tu as le temps d’aller voter. Je sais que les bureaux de vote sont parfois très éloignés de chez- moi. Je pense que je n’aurai pas le temps de m’y rendre. J’ai quatre enfants, il faut que je m’occupe d’eux.
Hélène: Je suis mère moi aussi et je sais combien c’est difficile. Mais tu peux partager la garde des enfants avec d’autres femmes. Quand mes enfants étaient petits, je me suis toujours arrangée avec d’autres femmes qui voulaient voter. Nous nous occupions tour à tour des enfants pendant que d’autres allaient voter.
Juanita: C’est une bonne idée et je pense que cela serait simple à organiser.
Hélène: Ecoutes, Juanita! A plusieurs égards, tu votes aussi pour tes enfants. Tu votes pour que tes enfants aient une vie meilleure. Tu es leur mère et tu sais ce dont ils ont besoin. Voter y contribuera.
Juanita: Tu as raison, Hélène. Je pense que je vais prendre un de ces documents distribués au marché. Je veux bien réfléchir pour qui je vais voter à cette prochaine élection.
Hélène: C’est la bonne décision, Juanita! Je dois descendre ici. Je te verrai demain au marché.
Juanita: Au revoir! A demain!
- FIN -
Remerciements
Contribution: Elinor Bray-Collins, Chercheur/Auteur,
Toronto, Canada.
Révision: Nancy Drost, Spécialiste
du Genre, CARE Canada, Ottawa, Canada.
Sources d’informations
Ce texte est basé sur un entretien avec Evelyn
Jones, Project Officer, CRIPDES, et des ateliers communautaires préparés
par les femmes dans les régions rurales du Salvador sur le thème
du vote. Les ateliers font partie du travail fait par le CRIPDES, une ONG
qui apporte son soutien aux femmes des communautés déplacées,
repeuplées ou rapatriées.
Le rôle d’Hélène est basé
sur l’expérience des travailleurs. Les dirigeants et les organisateurs
communautaires les plus actifs sont fréquemment des femmes âgées
qui n’ont plus d’enfants à charge.


