Textes pour la radio
Pochette 57, Numéro 11
Octobre 2000
Les femmes qui travaillent ensemble dans leur communauté, un effort qui peut faire toute la différence
Les personnages
L’hôte de l’émission
Mama Lillian: Une fermière et mère. Elle a contribué
à construire une clinique dans son village.
L’hôte de l’émission: Bonjour! Soyez les bienvenus! Aujourd’hui, notre émission porte sur « Les femmes et la communauté ». Si vous êtes mère, vous savez combien vous êtes inquiète lorsque vos enfants sont malades. Il est parfois difficile de faire face à un problème quand on ne sait pas comment le résoudre. Nous allons donc parler d’une femme qui a trouvé comment résoudre le sien. Son nom est Mama Lillian. Elle était très inquiète de la santé de ses enfants. Ils ne semblaient pas avoir la même énergie que les autres enfants. Elle décida de construire une clinique dans son village avec un groupe de femmes. Vous allez savoir comment elles organisaient les réunions, comment elles prenaient des décisions et ensuite travaillaient ensemble pour atteindre leurs objectifs.
Mama Lillian vit à la campagne en Tanzanie dans la province de Rukwa. Il n’est pas simple de bénéficier de soins médicaux dans cette province. Il n’existe que trois petits hôpitaux très éloignés de la plupart des habitations. C’est un problème pour tous mais spécialement pour les jeunes enfants qui sont souvent malades. De nombreux nourrissons meurent parce qu’ils n’ont pas accès aux soins médicaux. Il y a quelques années, un de ces enfants était la fille de Mama Lillian. S’il-vous-plaît Mama Lillian, je sais que c’est difficile mais pouvez-vous nous dire ce qui s’est passé?
Mama Lillian: Bonjour à tous. Quand ma petite fille est morte, j’étais très triste. J’avais marché deux jours jusqu’à l’hôpital le plus proche mais le médecin a dit qu’il ne pouvait rien faire pour elle. Il a dit que ma fille était faible parce que sa nourriture n’avait pas été assez riche. Je ne voulais pas perdre un autre enfant. J’ai donc décidé d’agir.
L’hôte: Il est bon que vous ayez pris une décision, Mama Lillian! Qu’avez-vous fait?
Mama Lillian: Je savais que si j’attendais que le gouvernement aide les enfants de nos villages à devenir forts et en bonne santé, cela prendrait trop de temps. J’ai décidé de parler aux autres femmes du village et de leur demander si elles voulaient que nous travaillions ensemble.
L’hôte: Est-ce qu’elles se sont montrées intéressées?
Mama Lillian: Oui! De nombreuses mères étaient inquiètes de la santé de leurs enfants. Certaines ont perdu des enfants, comme moi. Ensemble, nous avons décidé de construire une clinique pour enfants. Nous voulions avoir dans notre village un endroit où nous, les mères, pourrions apprendre davantage sur la santé des enfants.
L’hôte: Très bonne idée! Mais cela représentait beaucoup de travail. Comment vous êtes-vous organisées?
Mama Lillian: Nous avons tout d’abord tenu une réunion au village. Nous voulions avoir autant d’idées et de soutien que possible. Beaucoup d’hommes et de femmes sont venus à la réunion mais nous avons eu des difficultés.
L’hôte: Quelles difficultés avez-vous rencontrées?
Mama Lillian: Certaines n’étaient pas à l’aise pour parler devant les hommes. Les hommes ont pris la direction du débat et les femmes étaient très silencieuses. A la fin de la réunion, les hommes parlaient d’autres sujets. Nous n’avons pas eu le temps de parler de la clinique.
L’hôte: C’est aussi ce qui c’est passé dans notre communauté. Quand les hommes sont présents, les femmes ne se sentent pas libres de s’exprimer.
Mama Lillian: C’est juste. Les femmes n’étaient pas heureuses et nous avons décidé de faire nos propres réunions. La réunion des femmes a eu un grand succès. Nous avons prévu la construction d’une petite clinique qui aurait deux activités principales. La première était de contrôler la croissance des enfants du village en les pesant et en les mesurant régulièrement et en notant leurs poids et leur taille.
L’hôte: C’est une bonne idée. Si les mères pèsent et mesurent leurs enfants régulièrement, elles sauront si leurs bébés grandissent bien. Quelle était la deuxième activité?
Mama Lillian: Notre deuxième but était d’apprendre
aux femmes à donner à leurs enfants une nourriture plus riche
tout en demeurant peu chère. Nous avons fait ce choix parce que
chacune voulait en savoir plus à ce sujet.
TRANSITION MUSICALE.
L’hôte: Il fallait ensuite construire la clinique. Chacune a accepté de participer. Elles ont fait une liste de ce dont elles avaient besoin pour construire la clinique et une liste de ce qu’il y avait à faire. Chaque femme s’est portée volontaire pour une tâche. Certaines s’occupaient des enfants pendant que d’autres fabriquaient des briques pour le bâtiment ou portaient de la terre et de l’eau. Mama Lillian enregistrait les sommes dépensées et les besoins financiers. Des commerces locaux ont donné du ciment. Toutes les femmes ont participé.
L’hôte (cont): Après environ deux mois de dur travail, elles avaient construit une petite clinique et économisé assez d’argent pour acheter une balance pour enfant.
L’étape suivante était d’informer les autres femmes du
village au sujet de la nouvelle clinique.
TRANSITION MUSICALE.
Mama Lillian: Nous voulions que chacun entende parler de la nouvelle clinique et nous sommes allées de maison en maison pour parler aux mères de l’importance de peser leurs enfants et d’avoir des connaissances en nutrition.
L’hôte: Qu’est-ce que les gens ont pensé de votre nouvelle clinique?
Mama Lillian: C’était difficile au début. Certains hommes ne nous faisaient pas confiance. Nous étions un groupe de femmes qui travaillaient sans les hommes. Ils refusaient de nous laisser parler à leurs femmes. Certaines mères étaient méfiantes et pensaient que nous allions faire du mal à leurs enfants si elles les amenaient à la clinique. Nous leur avons expliqué que la clinique aiderait les enfants à bien grandir.
L’hôte: Elles vous font confiance maintenant?
Mama Lillian: Oui. Maintenant nous sommes tout heureux d’avoir cette clinique mais cela a pris du temps. Nous étions découragées de voir que certaines personnes ne nous faisaient pas confiance. Certains hommes se sont même moqués de nous parce que nous travaillions seules. Mais les femmes de mon groupe sont fortes. Nous nous apportions du soutien et avons continué à travailler. Notre clinique est désormais très active. Les mères viennent se renseigner sur la santé des enfants, parler ensemble et même partager les soins apportés aux enfants!
L’hôte: Félicitations Mama Lillian! En écoutant votre histoire, nous avons envie de nous organiser dans notre communauté. En fait, nous aurions bien besoin d’un nouvel endroit de stockage pour la nourriture…
Mama Lillian: On peut accomplir beaucoup de choses quand les
femmes travaillent ensemble!
TRANSITION MUSICALE.
L’hôte: La clinique pour enfants dans le village de Mama Lillian fait toute la différence. Les femmes amènent les enfants pour qu’ils soient pesés et mesurés et elles sont mieux informées sur la bonne nutrition pour leurs enfants et pour elles. La clinique est aussi devenue un endroit où les femmes peuvent parler de choses diverses comme l’allaitement.
L’hôte (cont): Il y a encore du travail mais tous respectent ce que Mama Lillian et le groupe de femmes ont fait pour leur communauté. Ce groupe est un bon exemple de ce que les femmes peuvent accomplir quand elles travaillent ensemble pour régler les problèmes communs.
- FIN -
Remerciements
Contribution: Elinor Bray-Collins, Chercheur/Auteur,
Toronto, Canada.
Révision: Helen Hambly Odame, Research Officer,
International Service for National Agricultural Research (ISNAR), La Haye,
Pays-Bas.
Sources d’informations
Cette histoire est adaptée d’un projet de recherche
fait par l’auteur avec AMREF (l’Association pour la Médicine et
la Recherche en Afrique) de Tanzanie.
Report on Rukwa Region Community-Based Health Care Project
— Phase Two, AMREF, juillet 1995.
Report on Participation of Women in the Community-Based
Health Care Project, Rukwa — Phase Two, AMREF, octobre 1995.
“Healthy Children of Today are the Healthy Children
of Tomorrow,” V. P. Kimati, Public Lecture, Tanzania Public Health
Association, sept. 1988.
Statistics: United Republic of Tanzania, Bureau of Statistics,
1988 Population Census, Volume VIII.


