Bulletin de nouvelles Échos

Des Radiodiffuseurs Africains Rédigent des Textes Radiophoniques Primés Mettant en Vedette les Objectifs du Millénaire pour le Développement
Juillet 2006, No. 78
PLUS TÔT CETTE ANNÉE, des radiodiffuseurs de toute l'Afrique ont participé à un concours de rédaction de textes dans le cadre d'une initiative unique conjointe du RRRPD et de l'UNESCO. Les radiodiffuseurs étaient invités à soumettre des textes portant sur l'un des huit Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Un jury composé de juges internationaux a reçu et évalué au total 26 textes provenant de radiodiffuseurs basés dans 15 pays. Les sept textes gagnants ainsi que trois autres textes finalistes sont inclus dans la pochette 78 et on peut se renseigner davantage sur les gagnants et les finalistes à la page 2 du présent numéro d'Échos.
Les OMD et le rôle de la radio
En septembre 2002, les 189 États membres des Nations Unies se sont engagés eux-mêmes à atteindre huit objectifs. Même si ce sont des États-nations qui se sont engagés à les atteindre, les efforts déployés pour atteindre les OMD seront inefficaces en l'absence d'actions locales.
La radio a un rôle unique et précieux à jouer pour contribuer à atteindre les OMD. Partager des renseignements est un volet crucial du changement d'attitude. Offrir à un auditoire un aperçu de la vie dans d'autres collectivités – les problèmes rencontrés, les solutions trouvées, les drames humains jume lés aux en jeux – ainsi que la possibilité de partager leurs propres expériences avec d'autres personnes en ondes peut faire naître l'espoir, la solidarité, l'encouragement et de nouvelles possibilités.
Les radiodiffuseurs sont particulièrement indispensables en Afrique car c'est la radio qui rejoint le mieux les gens pauvres dans les régions rurales. La radio comble le fossé créé par la distance et la non-alphabétisation et favorise la tradition orale de l'Afrique.
Les textes gagnants et leur approche des OMD
Objectif 1 : Réduire l'extrême pauvreté et la faim
Plus de 200 millions de personnes vivent dans l'insécurité alimentaire en Afrique sub-saharienne. On estime que 75 % d'entre elles vivent dans de petites familles agricoles. En Afrique sub-saharienne, la proportion de gens vivant dans l'extrême pauvreté (avec moins d'un dollar par jour) a augmenté de 45 à 46 % au cours de la dernière décennie.
On ne peut s'attaquer efficacement à la pauvreté et à la faim qu'en prenant en même temps de nombreux genres d'actions différentes. Le texte 1, intitulé Fabrication de la moutarde traditionnelle en pays Moba au Togo, favorise deux stratégies pour réduire la faim, à savoir augmenter la sécurité alimentaire et améliorer la vie des familles d'agriculteurs. Premièrement, le texte donne une recette offrant une possibilité de générer un revenu. Le revenu supplémentaire tiré de la vente de produits à valeur ajoutée, comme la moutarde traditionnelle, peut contribuer à améliorer considérablement la sécurité alimentaire des familles d'agriculteurs. Deuxièmement, il encourage la consommation d'un produit qui promet d'améliorer la nutrition de la famille. Des gens en meilleure santé sont davantage capables de prendre soin d'eux mêmes et de leurs enfants, de mener une vie plus productive et de faire pousser suffisamment d'aliments pour la famille.
Le texte 9, intitulé Nos gens, adopte une approche différente. Son scénario puissant prétend que, pour s'attaquer utilement à la pauvreté et à la faim, les collectivités locales doivent exercer un bien meilleur contrôle sur les projets de développement conçus à leur avantage.
Objectif 2 : Assurer l'éducation primaire pour tous
À l'heure actuelle, plus de 40 % des enfants de l'Afrique subsaharienne, principalement ceux qui vivent dans les régions rurales pauvres, n'achèvent même pas une année de scolarité. Dans le texte 2, la dramatique pour adolescents, intitulée Des fan clubs pour l'éducation, demande aux auditeurs d'imaginer ce qui se passerait si la passion vouée au football – sport le plus populaire en Afrique – était canalisée dans le cadre d'une campagne visant à s'assurer que chaque membre des collectivités africaines atteint un niveau d'alphabétisation fonctionnel.
Objectif 3 : Promouvoir l'égalité et l'autonomisation des femmes
Atteindre l'égalité des sexes et autonomiser les femmes sont des buts qui sont au coeur de la réalisation de tous les OMD. Les femmes produisent plus de 80 % des aliments en Afrique et leurs responsabilités et rôles sociaux les rendent souvent disproportionnellement vulnérables face à la famine. L'égalité des sexes n'est pas simplement souhaitable sur le plan social – elle constitue un pilier de la lutte contre la pauvreté et la faim.
Une façon de contribuer à l'égalité des sexes se fait par des actes qui améliorent l'accès aux ressources et aux débouchés pour les femmes. Le texte 3, intitulé Promouvoir l'égalité et l'autonomisation des femmes, se concentre sur les façons dont les femmes sont privées des droits de propriété après le décès de leur époux et révèlent que, en agissant ensemble, les femmes peuvent sensibiliser les gens à ces abus au sein de leurs collectivités et commencer à revendiquer leurs droits.
Objectif 4 : Réduire la mortalité infantile
La malnutrition est un facteur qui contribue à plus de la moitié de tous les décès d'enfants, y compris ceux qui sont provoqués par la diarrhée, le paludisme et la pneumonie, et à près de la moitié des décès dus à la rougeole. Si les nourrissons étaient exclusivement allaités durant les six premiers mois de leur vie et recevaient ensuite des compléments alimentaires appropriés, on pourrait ainsi prévenir près de 20 % des décès d'enfants. En tout, une alimentation adéquate pourrait prévenir la mort de plus de 2,5 millions d'enfants causée par la maladie.
Le texte 4, intitulé Les aliments nutritifs sont importants pour tous les bébés, riches ou pauvres, démontre que ce ne sont pas uniquement les enfants pauvres qui sont sujets à la malnutrition. De fait, une mère déterminée et prévenante, même pauvre, peut élever des enfants qui se retrouveront dans une situation nutritionnelle beaucoup plus favorable que ceux de mères qui s'accrochent à l'idée que leur situation socio-économique est mieux respectée en donnant à leurs enfants des formules et des céréales transformées.
Objectif 6 : Combattre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies
En 2003, trois millions de personnes sont mortes du sida, dont 2,2 millions en Afrique. En outre, cinq millions de personnes sont devenues infectées par le VIH. Plus de 39 millions de personnes sont porteuses du virus dans le monde entier, dont 25 millions en Afrique sub-saharienne. Plus de deux millions d'enfants vivent avec le VIH, 15 millions sont devenus orphelins à cause de l'épidémie et des millions d'autres sont devenus vulnérables à cause de la maladie de parents et de membres de la famille.
La prévention doit être la pierre angulaire et la première ligne de défense contre le VIH/sida, car c'est uniquement par le biais de la prévention de nouvelles infections que l'on pourra contrôler la maladie. En Afrique, la priorité absolue consiste à provoquer un changement social en favorisant une discussion ouverte sur le VIH, l'égalité des sexes et la sexualité, en stimulant et en appuyant la mobilisation de la collectivité et en combattant les stigmates et l'inégalité des sexes. Il est particulièrement important de concevoir des programmes capables de rejoindre les jeunes et de répondre à leurs besoins distincts.
Le texte 5, intitulé L'école sans le Sida, est une courte dramatique radiophonique qui constitue un bon exemple pour cibler les élèves avec des messages sur le VIH et le sida. Le texte 8, Transmettez le message mais pas le virus, est une dramatique villageoise puissante qui aborde certains des mythes les plus répandus et des idées préconçues concernant le VIH et le sida et met en lumière le coût du refus de la gravité de la maladie.
Objectif 7 : Assurer un environnement durable
La production agricole, la santé humaine et notre vie personnelle sur cette planète dépendent des ressources que fournit la nature pour la consommation humaine – de bons sols, de l'eau potable et de l'air propre. Il est absolument nécessaire de protéger la base de ressources naturelles pour éradiquer la pauvreté et la faim.
En Afrique sub-saharienne, les principaux problèmes environnementaux sont la dégradation des sols et des terres et l'épuisement des ressources forestières et hydriques. Ces formes de dégradation de l'environnement peuvent réduire considérablement la capacité de la terre et de l'eau de produire des aliments pour la consommation humaine. À l'inverse, la conservation et l'amélioration des ressources foncières et hydriques peuvent contribuer à assurer la sécurité alimentaire à long terme pour les familles et les collectivités.
Le texte 6, intitulé Le reboisement communautaire ramène les pluies dans la région de Brong Ahafo au Ghana, dresse un tableau complet et solide des incidences de la déforestation sur la vie d'une collectivité, mais offre l'espoir qu'un programme déterminé de reboisement peut ramener la vie dans la collectivité. Le texte 10, intitulé Des experts locaux donnent des conseils pratiques pour prendre soin de l'environnement, propose de nombreux bons conseils pour s'assurer d'avoir de l'eau potable, de l'air propre et des sols sains.
Le texte 7, intitulé Le procès du système monétaire international, aborde plusieurs des OMD, notamment les objectifs 1, 3 et 4. Le texte est une dramatique qui se déroule dans un tribunal imaginaire. Dans cette pièce, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et d'autres défendeurs sont en procès. Ils sont accusés de prendre des mesures qui, au lieu de bénéficier aux nations pauvres qu'ils prétendent aider, causent en fait d'autres dommages – en aggravant la pauvreté, en contribuant au maintien de l'injustice contre les femmes et en ignorant la situation grave des enfants mal nourris.
Les textes qui précèdent présentent des façons novatrices au moyen desquelles les stations radiophoniques, les organismes et les collectivités se mobilisent pour aborder les OMD dans différentes régions de l'Afrique. Même si le concours est terminé, le RRRPD aimerait savoir comment votre station ou votre organisme contribue aux OMD.
Sources de renseignement
Équipe de travail du Projet du Millénaire des Nations Unies sur la faim, 2005. Réduire la faim de moitié : c'est très possible.
Équipe de travail du Projet du Millénaire des Nations Unies sur l'éducation et l'égalité des sexes, 2005. Vers une éducation primaire universelle : investissements, incitations et institutions.
Équipe de travail du Projet du Millénaire des Nations Unies sur la faim, 2005. Agir : réaliser l'égalité des sexes et démarginaliser les femmes.
Équipe de travail du Projet du Millénaire des Nations Unies sur la santé maternelle et infantile, 2005. Qui détient le pouvoir : transformer les systèmes de soins pour les femmes et les enfants.
Équipe de travail du Projet du Millénaire des Nations Unies sur le VIH/sida, le paludisme, la tuberculose et l'accès aux médicaments essentiels, Groupe de travail sur le VIH/sida, 2005. La lutte contre le sida dans les pays en développement.
Équipe de travail du Projet du Millénaire des Nations Unies sur la viabilité environnementale, 2005. Environnement et bien-être humain : une stratégie pratique.
Institut international de recherche sur les politiques alimentaires, 2003. Agriculture, sécurité alimentaire, nutrition et les Objectifs du Millénaire pour le Développement.
Concours sur les OMD Résultats
FÉLICITATIONS à toutes les personnes qui se sont inscrites au concours de rédaction de textes sur les OMD. Nous avons reçu 26 envois provenant de 15 pays de l'Afrique occidentale, orientale, centrale et australe!! Les juges du concours étaient Marcelo Solervicens, de l'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC), Venus Jennings et Jocelyn Josiah, de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), et Gilbert Héroux, membre du Conseil d'administration du RRRPD et le directeur général du collège Vanier. Voici les gagnant(e)s des différentes catégories d'OMD.

OMD 1 : Fabrication de la moutarde traditionnelle en pays Moba au Togo. Le texte a été rédigé par Fati Labdiedo, directrice de Radio Mecap Togo, située à Dapaong au Togo. Radio Mecap Togo est une station radiophonique communautaire dirigée entièrement par des femmes. Elle émet sur la fréquence 90,5 FM et est membre de l'AMARC.

OMD 2 : Des fan clubs pour l'éducation. Le texte a été rédigé par Pacome Tomètissi, président du Réseau de Réalisateurs et Journalistes pour Population et Développement (ReJPoD), situé à Abomey Calavi au Bénin. Le ReJPoD est un organisme sans but lucratif qui vise à mobiliser les gens autour des enjeux du développement et qui est partenaire du RRRPD.

OMD 3 : Promouvoir l'égalité et l'autonomisation des femmes. Le texte a été rédigé par Rachel Adipo du Centre de ressources communautaires d'Ugunja (CRCU), qui est situé dans l'ouest du Kenya. C'est une ONG de développement communautaire qui dessert le district de Siaya et les collectivités voisines pour promouvoir le développement durable et autonomiser les collectivités en améliorant l'accès à l'information. Le CRCU est un partenaire du RRRPD.
OMD 4 : Les aliments nutritifs sont importants pour tous les bébés, riches ou pauvres. Le texte a été rédigé par Ncamsile Makhanjane, du Conseil national de nutrition du Swaziland. Il est situé à Mbabane au Swaziland et c'est un partenaire du RRRPD.
OMD 6 : L'école sans le Sida. Le texte a été rédigé par Gladys Cécile Eba, directrice d'Odama FM. C'est une station radiophonique communautaire située au Cameroun, qui est partenaire du RRRPD.

OMD 7 : Le reboisement communautaire ramène les pluies dans la région de Brong Ahafo au Ghana. Le texte a été rédigé par Kwabena Agyei de Classic FM, station privée située à Techiman au Ghana. Classic FM est un partenaire du RRRPD.

OMD multiples : Le procès du système monétaire international. Le texte a été rédigé par l'Alliance des radios communautaires du Mali (ARCOM), qui regroupe 30 radios communautaires dont plusieurs sont des partenaires du RRRPD.
Les Autres Lauréat(e)s Sont:
OMD 1 : Nos gens. Ce texte a été rédigé par Radio Ada, située dans le sud-est du Ghana. Radio Ada est une station de radio communautaire, membre de l'AMARC et partenaire du RRRPD.
OMD 6 : Transmettez le message mais pas le virus. Ce texte a été rédigé par Aaron Kah d'Abakwa FM, située à Bamenda au Cameroun. C'est une station radiophonique privée qui est partenaire du RRRPD.
OMD 7 : Des experts locaux donnent des conseils pratiques pour prendre soin de l'environnement. Le texte a été rédigé par Saul Ndungo de Radio Fidemiel, située en République démocratique du Congo. Radio Fidemiel est une station de radio communautaire qui est partenaire du RRRPD.
Quelques Conseils pour Rédiger des Textes
Tous les participants au concours de rédaction de textes sur les OMD ont reçu des juges et de Vijay Cuddeford, rédacteur du RRRPD, une rétroaction sur la façon d'améliorer leurs textes. Le RRRPD est toujours intéressé à travailler avec les stations partenaires pour créer des textes radiophoniques pour ses pochettes de textes (si vous voulez rédiger des textes se rapportant à l'agriculture et au développement rural, veuillez communiquer avec Vijay par courriel à l'adresse vcuddeford@farmradio.org, ou envoyez une lettre contenant vos idées au RRRPD). Pour aider les radiodiffuseurs intéressés à élaborer des textes, voici une compilation des rétroactions reçues par les personnes ayant participé au concours.
- Lors de la rédaction d'un texte, n'oubliez pas que la radio repose sur la tradition orale. L'art du conteur comprend la répétition stratégique, le côté théâtral, la surprise, la synchronisation, l'humour, etc.
- On ne peut pas rembobiner une histoire ou un message radiophonique
comme une cassette audio ou revenir en arrière comme
dans les pages d'un livre. Le rédacteur d'un texte radiophonique
doit donc s'assurer de faire preuve de clarté, de simplicité et de
répétition lors de la transmission de messages importants ou de
renseignements éducatifs. Par souci de simplicité et de clarté :
- essayez de ne pas utiliser de phrases longues quand des phrases courtes font l'affaire, et n'utilisez jamais un mot long lorsqu'un mot plus court et plus simple est approprié. Évitez le jargon – utilisez des mots que tout le monde comprend. Si vous devez recourir à un langage technique, expliquez-le en termes compréhensibles pour les auditeurs;
- pendant la rédaction de vos textes, lisez-les toujours à haute voix pour vous-même. Il y a une grande différence entre les textes imprimés et les textes radiophoniques. Lorsque vous lisez votre texte à haute voix, s'il ne ressemble pas à une conversation et n'est pas naturel, réécrivez-le pour y parvenir;
- la plupart du temps, lors de la rédaction, n'oubliez pas que les personnes ayant des informations à partager ou une histoire à raconter devraient parler elles-mêmes, au lieu de faire répéter leurs paroles par des experts;
- assurez-vous que les discours individuels soient courts, généralement pas plus de trois à quatre lignes;
- n'ayez pas peur de recourir de temps à autre à l'humour et à l'inattendu. Si cela est bien fait, vous attirerez l'attention des gens et vous la garderez;
- variez la longueur des phrases durant tout le texte.
- La première ligne a pour but de séduire l'auditeur pour l'inciter à écouter. Vous devriez insinuer ce qui va arriver mais sans révéler tout. La première ligne donne également le ton du texte.
- Le dénouement devrait constituer le lien au niveau du contenu du texte, si possible en établissant un rapport avec le commencement.
- Souvent, les textes sont trop conceptuels – ils abordent des idées
mais pas les solutions. Même si le libellé contient des idées
formidables, souvent les gens n'écouteront pas, à moins de leur
fournir quelques histoires humaines pour ancrer les idées dans la
réalité. Il est donc important de fournir des détails sensoriels
lorsqu'un animateur ou un personnage raconte une histoire ou
insiste sur un point. Lors de la rédaction de votre texte, assurezvous
que l'animateur parle de ce qu'il a entendu, vu, senti, etc.,
afin que les auditeurs puissent ressentir sa réaction.
- Un bon texte doit s'adresser au coeur et à la tête, en fournissant non seulement de bonnes informations mais aussi en évoquant une réaction émotionnelle chez l'auditeur, généralement en décrivant celle de la personne interviewée ou d'un personnage théâtral.
- L'une des règles essentielles d'une bonne communication consiste « à montrer, pas à dire ». Essayez de démontrer les bienfaits, par exemple en « amenant » des agriculteurs chez d'autres qui vivent ailleurs et ont amélioré leur rendement, augmenté leur revenu, réduit leur main-d'oeuvre ou bénéficié autrement d'un comportement modifié.
- Si vous souhaitez faire plus que transmettre des renseignements et
promouvoir en réalité des changements de comportement, il ne
suffit pas de dire à vos auditeurs ce qu'ils devraient faire, qu'il
s'agisse de changer leur comportement pour réduire le risque du
sida, de changer leurs méthodes culturales pour stopper l'érosion
du sol ou de toute autre forme de changement de comportement.
Il est important :
- de fournir de bonnes preuves logiques des avantages d'un comportement modifié, des preuves auxquelles votre auditoire s'identifiera et qu'il trouvera convaincantes;
- de montrer qu'une personne à laquelle votre auditoire peut s'identifier (réelle ou fictive) a changé de comportement et obtenu ces avantages;
- de rédiger des textes afin qu'ils puissent être facilement adaptés pour impliquer des membres de la collectivité locale. Par exemple, un travailleur de la santé, un agriculteur ou un vulgarisateur agricole qui est connu dans la collectivité a beaucoup plus de chances d'attirer la confiance des auditeurs qu'une personne qui est associée à un cadre plus formel.
- Encouragez toujours les auditeurs à consulter les sources locales appropriées pour obtenir plus de renseignements sur le sujet traité et donnez-leur les noms et les coordonnées de ces personnes.
- Lorsque la rédaction de votre texte est terminée, voici quelques
questions essentielles à vous poser.
- Le langage convient-il à l'auditoire?
- Votre texte invite-t-il l'auditoire à participer à la recherche de solutions aux problèmes que vous abordez, ou bien impose-t-il une réponse de spécialiste qui décourage tout débat et toute participation au sein de la collectivité?
Profil des partenaires de l'Est et de la Corne de l'Afrique
DANS L'EST ET DANS LA CORNE DE L'AFRIQUE, les partenaires du Réseau de radios rurales comptent au total 39 stations radiophoniques et organismes représentant près de 14 pour cent des 283 partenaires radiophoniques du Réseau! Dans cette région, les stations radiodiffusent dans de nombreuses langues différentes, notamment wolaita, amharique, luganda, lunyankole, lugbara, lwo, afan oromo, anglais, kirundi, arabe et swahili.
Avec 21 partenaires, l'Ouganda détient le record du pays comptant le plus grand nombre de membres du Réseau dans cette région. Le partenariat le plus durable est celui du Radio Omdurman National Broadcasting Service au Soudan, qui est partenaire depuis 1994. Parmi nos nouveaux partenaires dans cette région, citons le Centre de ressources communautaires d'Ugunja, Kachwekano FM et Kagadi-Kibaale Community Radio.
Les émissions radiophoniques préparées par nos partenaires dans cette région (d'après les résultats d'un sondage effectué dans le Réseau en 2003) se concentrent largement sur l'agriculture et l'environnement.
Nombre de Radios Partenaires par Pays
Bienvenue à de Nouveaux Partenaires!
- Radio Bangu – station radiophonique communautaire – République démocratique du Congo
- Radio Rurale Locale Djimi – station radiophonique communautaire – Tchad
- Radio Rurale Locale Soleil de Pala – station radiophonique communautaire – Tchad
- Straight Talk Radio Show – Kenya
- In My Village Community Radio – station radiophonique communautaire – Malawi
- Kagadi-Kibaale Community Radio – station radiophonique communautaire – Ouganda
Partagez vos Anecdotes avec Nous
Chers partenaires : nous espérons que vous avez apprécié le feuilleton radiophonique sur la désertification que nous vous avons envoyé dans notre dernier courrier. Veuillez nous laisser savoir comment vous l'avez utilisé et ce que vos auditeurs en ont pensé. Nous partagerons vos anecdotes avec tous les partenaires du RRRPD dans un prochain numéro d'Échos.
Un partenariat unique pour l'agriculture durable
par Ted O. Phido
L'African Radio Drama Association (ARDA) est un membre actif du Réseau depuis son adhésion en 2000. En octobre 2005, le RRRPD a commandé à l'ARDA la rédaction d'un feuilleton spécial en 13 épisodes sur la question de la désertification. C'est la première fois que l'ARDA abordait en profondeur l'importante mais souvent négligée question des agriculteurs et de leurs terres.
Data Phido, chargée de programme à l'ARDA, qualifie la relation de symbiotique. « Nous pouvons rédiger des textes pour le RRRPD, mais nous utilisons également bon nombre de leurs idées pour nos propres textes », a-t-elle déclaré récemment lors d'une entrevue réalisée à son domicile. « Nous avons utilisé certains des anciens textes affichés sur le site Web du RRRPD et ceux qui ont été envoyés avec les pochettes régulières pour élaborer certains de nos propres textes. » Par exemple, elle mentionne comment l'ARDA a utilisé des textes de la pochette 73 concernant l'incidence du VIH/sida sur la main-d'oeuvre agricole et la sécurité alimentaire dans les collectivités comme principale ressource d'une série récente, à savoir une émission en langue Hausa appelée Kukan Kurciya.
Le visage de Data Phido s'illumine lorsqu'elle me montre le document à reliure spirale sur papier glacé que le RRRPD a envoyé à ses membres. C'est le fruit des efforts de l'ARDA contenant les 13 textes de son feuilleton anti-désertification intitulé La longue saison sèche : Conte de la cupidité et de l'ingéniosité. « Je suis très fière, » dit-elle d'un air épanoui. Le feuilleton repose sur dix textes existants du RRRPD envoyés par Vijay Cuddeford, rédacteur du RRRPD. Elle précise: « Cela nous a fait prendre davantage conscience des problèmes et des dangers de la désertification. Une fois que nous avons compris les aspects techniques et scientifiques, ce fut un jeu d'enfant de rendre le texte divertissant et facile à comprendre. » Elle rit, en se rappelant les nuits blanches à l'ARDA : « beaucoup de travail... mais un jeu d'enfant. »
Voici les coordonnées de l'ARDA :
Plot 211 Muri Okunola Street, Victoria Island, Lagos, Nigeria.
Tel. ( +234 - 1) 470 5390, 471 0659, 270 5132
Courriel : ardaradio@21ctl.com | www.ardabroadcasting.org
Atelier sur les liens entre la recherche et les partenaires radiophoniques
par Heidi Braun
Richard Bwayo Katami, animateur radiophonique de l'Ouganda Broadcasting Corporation, interviewe un agriculteur à Mbale en Ouganda.
DU 15 AU 17 MAI, un atelier organisé par l'Université de Guelph (Canada), en collaboration avec le Commonwealth of Learning (COL), a offert une occasion unique de promouvoir le dialogue entre la recherche agricole et la radio rurale. Rocks For Crops: Linkages Between Research and Radio Partners a réuni des partenaires du projet Rocks for Crops ainsi que des éducateurs et des radiodiffuseurs de radios rurales. Les participants provenaient de stations radiophoniques, d'ONG, d'universités et d'instituts nationaux de recherche agricole de cinq nations africaines (Kenya, Ouganda, Tanzanie, Zambie et Afrique du Sud) dans le but de se rencontrer personnellement et de mieux comprendre le travail et les besoins d'information de tous et chacun.
Le projet Rocks for Crops, lancé en 2004, est une initiative visant à élaborer du matériel pédagogique sur le potentiel d'utilisation de ressources géologiques en agriculture, comme solutions de rechange à moindre coût aux engrais chimiques. Le projet vise à améliorer la fertilité des sols pour l'agriculture à petite échelle en Afrique.
L'atelier a également invité des experts en communication qui travaillent dans les domaines de la radio de développement et du télé-apprentissage par la radio. Complétant des événements antérieurs coordonnés par le biais du projet Liens en Afrique entre la radio rurale et la recherche agricole (LARRRA), l'atelier a examiné de quelle façon la radio pourrait constituer un outil utile pour les scientifiques en vue de partager de l'information avec les agriculteurs.
L'atelier a débuté à Kampala, après quoi le groupe s'est déplacé à Mbale, dans la magnifique région est de l'Ouganda. Le Dr Peter van Straaten, agrogéologue à l'Université de Guelph, a animé une journée dynamique d'apprentissage expérientiel. La chance de voir des dépôts locaux de phosphates et la visite d'une petite mine de vermiculite ont permis aux participants de mieux comprendre la relation entre la géologie, la pédologie et l'agriculture. Les participants ont consacré la dernière journée à des discussions en petits groupes, à élaborer des plans de collaboration future et à déterminer des points prioritaires à cibler une fois de retour chez eux.
L'atelier a connu un immense succès grâce à la diversité des participants, qui sont venus du Kenya, de la Tanzanie, de la Zambie, de l'Afrique du Sud, de l'Ouganda et du Canada, et en raison de l'enthousiasme des participants pour l'apprentissage et le partage d'informations.
Rendre le projet Rocks for Crops « radio-actif »
Pendant la visite sur le terrain, Richard Bwayo Katami, animateur radiophonique de l'Ouganda Broadcasting Corporation pour les émissions en langue Lumasaba (Lugishu), qui était l'un des participants à la conférence, a saisi l'occasion pour interviewer des membres de la collectivité locale. Le témoignage d'un agriculteur ayant participé à un essai à la ferme d'un engrais à base de vermiculite a été enregistré dans la langue locale pour être diffusé localement.
Bon nombre des scientifiques participants ont exprimé le désir d'établir un partenariat avec des experts en radio rurale dans le but de transmettre leur message. Anthony Lwanga, de Kagadi- Kibaale Community Radio 91,7, dans l'ouest de l'Ouganda, a pensé que ses auditeurs pourraient être tout particulièrement curieux de comprendre la valeur des pierres pour l'agriculture. Kibaale, a expliqué Lwanga, signifie en langue locale « grosse pierre ».
James Onyango, de l'ONG kenyane KAIPPG, vient également d'une région jonchée de pierres, qui ne sont pas très appréciées par les agriculteurs locaux. Il a expliqué : « Vous constaterez que vous êtes né lorsqu'une pierre est là et vous mourrez alors que la pierre est toujours là! » James a estimé qu'il serait important de sensibiliser et d'informer les agriculteurs sur le lien entre les pierres et les sols et sur le potentiel que présentent certaines pierres en vue de bénéficier aux cultures des agriculteurs.
Restez à l'écoute pour connaître le résultat de ce fructueux atelier!
Restez à l'écoute pour connaître le résultat de ce fructueux atelier! Pour obtenir de plus amples renseignements sur le projet Rocks for Crops ou pour visionner et/ou télécharger du matériel pédagogique, http://www.uoguelph.ca/rocks/ (en anglais seulement).
Consultez également le texte du RRRPD portant sur l'importance du phosphore en agriculture (Pochette 74) sur notre site Web.
Profil d'un Partenaire
QUI: Anthony Lwanga, Gestionnaire de la Station
STATION: Kagadi-Kibaale Community Radio
PAYS: Ouganda
EN AFRIQUE, où les familles ont beaucoup d'enfants et s'occupent énormément de leurs membres, il n'est pas courant d'être un enfant unique. Cependant, il semble qu'Anthony Lwanga, radiodiffuseur à la station de radio communautaire ougandaise Kagadi-Kibaale Community Radio (KKCR) FM 91,7 soit une personne qui, dans la vie, défie les normes sociales et aide les autres à réaliser leurs rêves pour mener une vie meilleure.
Lwanga est né tard dans la vie de sa mère, une petite exploitante agricole vivant près de Kagadi dans l'ouest de l'Ouganda. Maman Anthony a travaillé dur pour aider son fils à obtenir son diplôme en éducation et il a excellé dans sa matière principale en langue anglaise et littérature au National Teachers College. Anthony a poursuivi des études en journalisme à l'Université Ste-Augustine en Tanzanie. Son engagement à l'égard de sa collectivité natale l'a mis en relation avec Mwalimu Musheshe Sr, spécialiste en développement rural et fondateur du Programme de formation et de perfectionnement rural de l'Ouganda (URDT) (en anglais seulement). Lwanga termine actuellement un diplôme en journalisme et souhaite obtenir un diplôme universitaire en gouvernance locale et en droits de la personne à l'Université des martyrs ougandais Nkozi.
Lancé en 1987, l'URDT offre des programmes intégrés de développement rural dans les domaines de l'alphabétisation fonctionnelle pour tous, des études supérieures et de la formation professionnelle pour les jeunes filles, ainsi que des droits de la personne et des initiatives économiques mettant l'accent sur l'autonomie locale. La station de radio communautaire de l'URDT, Kagadi-Kibaale Community Radio (KKCR), joue un rôle crucial dans tout ce que fait l'URDT. En ondes 365 jours par an à raison de 16 heures par jour, KKCR diffuse chaque année des milliers d'émissions et rejoint un auditoire de quatre millions de personnes dans un rayon de 160 km autour de Kagadi. La station fonctionne avec 22 bénévoles. Les employés de l'URDT, comme Lwanga, contribuent au fonctionnement de la station, notamment dans des secteurs clés comme les programmes de recherche et de formation des bénévoles.
À titre de gestionnaire de la station, Lwanga travaille en étroite collaboration avec la collectivité pour trouver 60 pour cent du budget annuel de la station radiophonique par le biais d'abonnements et d'annonces. Le temps d'antenne est rarement vendu pour des publicités aléatoires dans le but de maintenir l'intégrité de la propriété communautaire de la station. Lwanga explique comment chaque sous-comté à Kibaale a une case horaire à gérer dans le calendrier de programmation pour explorer des sujets pertinents pour leurs villages. Selon Lwanga, « cela encourage leur responsabilité à l'égard de la radio communautaire, apporte du contenu local et leur permet de partager leurs préoccupations au sein du district élargi ».
L'un des collaborateurs de longue date de KKCR est Peter Sentaayi, agent agricole du district de Kibaale. Toutes les semaines, Sentaayi et d'autres experts du domaine de l'éducation, de la santé et des questions féminines ont du temps d'antenne gratuit pour répondre aux questions soulevées par les auditeurs et pour communiquer de nouveaux renseignements. Selon Lwanga, « l'un des sujets cruciaux touchant l'agriculture à l'heure actuelle concerne les droits terriens, même s'il s'agit d'un sujet de discussion difficile à animer. » À l'aide de méthodes participatives de programmation, incluant des tribunes ouvertes avec des responsables locaux comme Sentaayi, nous pouvons aborder les questions importantes pour notre collectivité, notamment l'avenir de l'agriculture dans une région où les gens peuvent être dépossédés de leurs droits terriens. Nous offrons une autre forme de résolution des différends par le biais de la radio et d'un dialogue en tête-à-tête et par le biais de la formation de techniciens juridiques par l'URDT.
Comme le matériel de la station KKCR, donné à l'origine par l'Organisation suédoise pour le développement international (SIDA) au milieu des années 1990, vieillit et devient moins approprié pour certains modes de diffusion, notamment les tribunes « téléphoniques » par téléphonie mobile, Lwanga s'inquiète de trouver un soutien abordable au niveau de la technique et aussi des émissions. Le réseautage avec des organismes comme le RRRPD est extrêmement important. D'autres stations radiophoniques africaines membres du RRRPD font face aux mêmes problèmes et peuvent partager leurs expériences. Il ne fait aucun doute que la station KKCR et Anthony Lwanga continueront à relever ces défis avec succès, en collaborant étroitement avec les collectivités rurales du district de Kibaale.
Rédigé par Helen Hambly Odame, d'après une entrevue réalisée le 18 mai 2006 à Kampala, en Ouganda, avec Anthony Lwanga, membre du RRRPD.
Présentation du nouveau directeur général du RRRPD
Nous avons le plaisir d'accueillir Kevin Perkins à titre de nouveau directeur général du Réseau de radios rurales des pays en développement.
Avant de se joindre à nous, Kevin était directeur des programmes pour Canadian Physicians for Aid and Relief (CPAR) à Toronto. Il possède une longue feuille de route à CPAR où il a été engagé en premier lieu comme chargé de programme en 1989. Il a pris du recul à l'égard de la scène internationale en 1997 lorsqu'il s'est joint à un organisme de développement économique communautaire dans la région de Riverdale à Toronto. À ce titre, il a mis sur pied le Riverdale Community Loan Fund ACCESS et a dirigé la Riverdale Community Development Corporation à titre de directeur général.
En 2003, Kevin a mis sur pied un nouvel organisme de bienfaisance appelé CAP AIDS, voué à aider les organismes communautaires africains en première ligne dans la lutte pour résister, survivre et ne pas succomber au sida. Il a été le directeur général fondateur de CAP AIDS et en demeure le président bénévole.
Kevin déménage à Ottawa avec son épouse Dawn Sheppard et leurs trois enfants, Jesse (14 ans), Maddy (11 ans) et Eva (9 ans).
Tirage parmi les questionnaires du CD-ROM sur les OMD
Et la gagnante du tirage qui recevra le magnétophone MiniDisc et le microphone est...Radio FREED au Ghana!!!
Merci à toutes les stations qui ont rempli le questionnaire, en fournissant des renseignements perspicaces sur l'utilité des textes, leur adaptation à la langue ou au contexte local, les défis rencontrés pour les utiliser et les façons novatrices de relever ces défis.
Au cours des prochaines semaines, nous analyserons les réponses au questionnaire et nous les partagerons avec notre lectorat dans le prochain numéro d'Échos.
Partenaire en Visite à Ottawa
(de gauche à droite) rencontre de Harouna Idé, Blythe McKay, Sanoussi Issoufou et Kevin Perkins à Ottawa.
Sanoussi Issoufou, directeur général de Radio R&M à Niamey, au Niger, et directeur général de l'Agri-Sahel Service, a rendu visite au personnel du RRRPD à Ottawa en juin. Il était accompagné d'un de ses collègues, radiodiffuseur nigérien Harouna Idé, qui est actuellement en poste à Montréal et réalise des émissions pour Radio Canada International.

