Bulletin de nouvelles Échos

L'Agroforesterie en Afrique
Mars 2005, No. 74
L'agroforesterie au Kenya
par John Ngoroje,
Institut kenyan d'agriculture biologique
L'AGROFORESTERIE est le système visant à faire pousser des arbres en même temps que d'autres productions agricoles comme les cultures et le bétail. Au Kenya, c'est une pratique ancienne. Depuis de nombreuses générations, les agriculteurs font pousser des arbres sur leurs fermes, dans leurs pâturages et autour de leurs maisons.
Les arbres fournissent aux agriculteurs de nombreux produits et services : nourriture, bois de chauffage, fruits et noix, poteaux, fourrage, médicaments, bois de construction, paillis, ombre et coupe-vent. Les produits tirés des arbres peuvent apporter un revenu indispensable aux familles rurales et garantir une alimentation et une sécurité nutritionnelles, surtout en période de sécheresse. Les arbres jouent également un rôle essentiel en protégeant le sol contre l'érosion, en améliorant la fertilité des sols grâce au recyclage des nutriments, en améliorant le microclimat, en délimitant les frontières, en protégeant la biodiversité et en contrôlant les mauvaises herbes.
Raisons de la pratique de l'agroforesterie par les agriculteurs au Kenya
- La pénurie de terres signifie que de nombreux agriculteurs kenyans, surtout dans les zones montagneuses, possèdent de très petits lopins de terre allant d'un quart d'acre à deux acres. Pour cette raison, ils considèrent l'agroforesterie comme une bonne option parce qu'elle fournit un certain nombre de produits utiles, même sur une superficie limitée.
- Une population en croissance exerce non seulement une pression sur la superficie des fermes mais augmente également la demande de bois de construction, en particulier de matériaux pour la construction et les meubles.
- Le coût élevé des engrais et du carburant encourage les agriculteurs, en particulier ceux qui sont qualifiés en agriculture biologique, à reconnaître les avantages des arbres pour le recyclage des nutriments, le compostage et la fourniture de bois de chauffage.
Choisir les bons arbres
La sélection des arbres pour l'agroforesterie dépend notamment de leur utilisation, de la zone écologique et de la disponibilité des matériaux végétaux. Ce tableau simple a été élaboré pour orienter les agriculteurs locaux vers les arbres qui répondent le mieux à leurs besoins.
| Pour la production de bois d'oeuvre | Pour le fourrage | Pour la prévention de l'érosion des sols |
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Principes généraux
- Le ou les arbres choisis doivent bien pousser avec d'autres cultures et il faut accorder une attention particulière à la façon dont l'arbre pousse et se développe.
- L'arbre doit avoir des racines profondes pour éviter la concurrence avec des cultures vivrières à enracinement superficiel.
- L'arbre doit être polyvalent afin de pouvoir satisfaire plusieurs besoins.
Politiques gouvernementales
Au Kenya, des politiques sont formulées en faveur de l'agroforesterie et de la plantation d'arbres. Certaines de ces politiques interdisent la coupe d'arbres dans les régions boisées. En fait, l'un des objectifs consiste à avoir 20 % des terres du Kenya en forêt d'ici l'an 2020. Un soutien est également accordé aux organisations non gouvernementales pour fournir des services de vulgarisation agroforestière aux collectivités locales. D'autres politiques favorisent les produits forestiers non ligneux comme la gomme et les résines, les médicaments, les feuilles pour le compostage et la fertilisation des cultures, ainsi que la plantation d'arbres à fleurs produisant du nectar pour les abeilles mellifères.
Le dilemme des agriculteurs : Faire pousser ou non des arbres sur leurs fermes
Elijah Yaw Danso, conseiller en développement social,
Projet de développement du secteur forestier, Kumasi, Ghana
LA MÉTHODE culturale dominante pour la majorité des cultures vivrières au Ghana est la culture itinérante sur brûlis. Par cette pratique, on détruit une grande partie de la végétation et on perd la biodiversité. Alors, où sont donc tous les arbres aujourd'hui? La majorité des arbres destinés au bois d'oeuvre commercial, qui restent en dehors des domaines forestiers permanents du pays, se trouvent sur les fermes de cacao ou dans les jachères qui étaient auparavant des fermes de cacao.
Cependant, le rôle important joué par les producteurs de cacao pour fournir du bois d'oeuvre précieux est à peine reconnu dans la politique ou la pratique. Le manque de soutien pour le rôle que les agriculteurs jouent à cet égard se manifeste de plusieurs façons, notamment des façons suivantes :
- Un manque de soutien en matière de vulgarisation – Pour de nombreux agriculteurs, l'absence de personnel de vulgarisation pour les conseiller au sujet de leur système intégré d'exploitation agricole révèle qu'il y a peu de reconnaissance de la contribution de leurs pratiques agricoles à l'économie et à l'environnement. La vulgarisation, lorsqu'elle est disponible, n'est pas unifiée, si bien que des agences distinctes ont la responsabilité pour les cultures vivrières et le cacao. Il n'y a pas d'agence qui s'occupe des cultures arbustives. Par conséquent, les agriculteurs reçoivent la visite de deux ou plusieurs fonctionnaires pour leur donner des conseils, mais aucun ne peut répondre à la question holistique que les agriculteurs se posent à propos du système d'exploitation agricole intégré.
- La possession des arbres – Malheureusement, les lois nationales n'appuient pas les droits des agriculteurs à l'égard des arbres à bois d'oeuvre. De fait, alors que les règles du jeu accordent une possession complète des arbres fruitiers plantés au planteur, la propriété des arbres naturels (même lorsqu'ils sont entretenus de façon perceptible par l'agriculteur) est dévolue au président et aux chefs traditionnels qui en ont la propriété traditionnelle. C'est donc un délit pour une personne ou pour une collectivité de récolter des arbres sans autorisation des pouvoirs forestiers de réglementation et l'autorisation n'est de toute façon jamais accordée à l'agriculteur individuel. La récolte des arbres est l'apanage des sociétés forestières qui se voient accorder des permis, même sur les fermes de particuliers, pour récolter des arbres.
- Manque de dédommagement et d'avantages tirés des arbres sur les fermes – Lorsque les cultures sont endommagées pendant les activités d'exploitation forestière sur les fermes, les sociétés forestières sont tenues, par la loi, de dédommager les agriculteurs pour les dommages causés. Cependant, ils respectent rarement cette loi. Dans les cas où les sociétés forestières dédommagent les agriculteurs pour la destruction des récoltes, le montant versé pour les cultures est si faible que les agriculteurs finissent par être les perdants. En outre, les agriculteurs n'ont pas droit à une part des revenus découlant de l'exploitation des arbres indigènes à bois d'oeuvre commercial sur les fermes qu'ils cultivent. Les agriculteurs n'ont donc aucun droit sur les arbres à bois d'oeuvre à régénérescence naturelle qu'ils conservent et soignent.
Face à ces problèmes et en plus des modalités complexes en matière de régime foncier, de nombreux agriculteurs ont un choix difficile à faire. Laisser ces arbres fournirait de l'ombre pour leurs fermes de cacao et augmenterait les rendements, mais en même temps ces arbres pourraient aboutir à la destruction des cacaoyers pour lesquels ils sont gardés, par suite des activités d'exploitation du bois. En fin de compte, les agriculteurs se résignent à détruire les jeunes arbres indigènes à bois d'oeuvre commercial avant que ceux-ci arrivent à maturité et deviennent intéressants pour les exploitants forestiers.
Au Ghana, des tentatives ont été faites pour se pencher sur certains de ces facteurs désincitatifs évidents par une réforme des politiques et des lois.
Le ministère de l'Alimentation et de l'Agriculture (MAA) a essayé d'unifier les services de vulgarisation du cacao et des cultures vivrières, en fusionnant les différentes institutions et en recyclant le personnel pour offrir aux agriculteurs un service technique plus complet.
En outre, certains amendements législatifs ont été faits pour essayer de donner plus de latitude aux agriculteurs. Cette législation leur accorde le plein droit de refuser l'abattage des arbres à bois d'oeuvre situés sur les terres qu'ils cultivent tant qu'ils n'ont pas reçu de dédommagement. De plus, la méthode de paiement doit être acceptée par les deux parties. À vrai dire, cela n'incite pas vraiment les agriculteurs à conserver des arbres sur leurs fermes, parce qu'ils n'ont toujours pas librement accès aux arbres. Cependant, il s'agit là de premières étapes pour aborder les droits des planteurs d'arbres qu'il est important de définir dans le but de garantir une agriculture durable par le biais de l'agroforesterie.
Condensé de l'article original adressé au Groupe de discussion électronique (en anglais seulement) du RRRPD Broadcasters Making Connections, janvier 2005.
Activités de financement pour les radios rurales
CHAQUE STATION RADIOPHONIQUE a besoin de plus d'argent, ou du moins c'est ce qu'on dit. Mais à quelle fréquence les stations apprécient-elles leur «richesse» plutôt que leur «pauvreté»? Les stations radiophoniques ne dépendent pas seulement de l'argent pour fonctionner. Quelles sont ces ressources et cette richesse est-elle utilisée avec discernement? Sert-elle à obtenir de nouveaux fonds? Ce ne sont là que quelques questions que les membres du RRRPD ont abordées lors de la récente session intitulée «Fundraising for Rural Radio in Africa» qui s'est déroulée du 10 janvier au 10 février 2005 à l'intérieur du groupe de discussion en ligne à des fins d'apprentissage, Broadcasters Making Connections for Poverty Reduction and Sustainable Agriculture in Africa (voir page 4 et le site web à l'adresse suivante http://www.farmradio.org/english/bdg/bdg5a.asp (en anglais seulement)).
Les stations radiophoniques rurales ont de nombreuses catégories différentes de ressources ou d'actifs, notamment du personnel et des bénévoles (ressources humaines). Il y a des ressources physiques, notamment des propriétés, des moyens de transport, de l'équipement et du matériel. Les ressources d'information comprennent des données mémorisées ainsi que le savoir et l'expérience des employés et des bénévoles. Les ressources financières englobent la trésorerie ou l'argent en caisse, les épargnes placées dans un compte bancaire ou les fonds engagés mis de côté pour payer les frais d'exploitation courants (par ex. les factures d'électricité).
1. Organiser une campagne d'adhésion par des appels lancés aux auditeurs fidèles
Les frais d'adhésion peuvent être facturés, renouvelés annuellement et récompensés par une reconnaissance et de petits prix. Les campagnes d'adhésion peuvent être récompensées par des choses simples, comme un petit paquet de semences ou un certificat imprimé. Voici un exemple intéressant de la station Garden City Radio qui diffuse principalement dans la région de Kumasi au Ghana où il y a beaucoup de jeunes au chômage n'ayant pas accès à du crédit pour démarrer leurs petites entreprises personnelles. Il y a quelques années, en partenariat avec la Ghana Cooperative Credit Union qui encourage les épargnes et les prêts, la station Garden City Radio a lancé un «programme de crédit pour le club des supporteurs» qui incite les jeunes à épargner, même de petites sommes, afin d'être admissibles à des prêts. La station en a bénéficié par l'implication des jeunes dans les campagnes de financement et certains des jeunes sont également bénévoles à la station.
2. Envoyer des cartes postales
Les cartes postales se retrouvent sous deux formes : un exemplaire cartonné à envoyer à un(e) ami(e) avec un message qui est également lu à la radio. Voici un exemple formidable de la station MegaFM en Ouganda : de nombreux Ougandais du nord de la région de Gulu vivent à l'étranger dans des pays comme les États-Unis et l'Angleterre. La station MegaFM a eu l'idée d'envoyer des «cartes postales» à ces gens de la région qui souhaitent transmettre des messages à leurs familles à Gulu et appuyer la station radiophonique de leur collectivité. Ces «amis de Radio Freedom Gulu» aux États- Unis ou en Angleterre achètent des cartes postales à un prix fixé, les rédigent et les envoient à la station MegaFM où les messages sont lus en onde. Les auditeurs locaux de MegaFM entendent des nouvelles d'amis et de parents vivant loin et la station profite de cet appui.
3. Établir des partenariats et trouver des commandites
Certaines stratégies de financement impliquent de trouver des partenaires et/ou des commanditaires. Dans le sud du Tchad, par exemple, une station radiophonique et un magazine national féminin ont collaboré pour sensibiliser davantage les auditeurs au sujet de la santé et de la nutrition chez les femmes. Ils ont produit plusieurs textes sur la santé des femmes. Les textes ont été imprimés dans le magazine et diffusés à la radio dans des langues locales. À la fin de chaque émission, ils faisaient la promotion d'un concours recherchant la meilleure recette traditionnelle dans la région. Des commanditaires de l'industrie alimentaire ont accordé un appui financier au magazine et à la station radiophonique, ainsi que des prix pour les lauréat(e)s du concours.
4. Rédiger des propositions de projets
Les stations radiophoniques peuvent être des chefs de file formidables et/ou des partenaires dans des projets de développement. Toutefois, elles ne sont pas souvent familières avec le mode de fonctionnement des projets de développement. Pour amorcer un projet ou collaborer avec un organisme de développement dans votre région, vous devrez peut-être contribuer à la rédaction d'une note conceptuelle qui est présentée à un organisme donateur pour obtenir un appui. La note conceptuelle a un format précis mais elle doit attirer l'attention du donateur vers quatre éléments importants : un titre formidable, des objectifs SMART (spécifiques, mesurables, atteignables, réalistes et temporaires), un budget transparent et bien planifié et, enfin, la garantie d'un impact sur le développement en termes d'objectifs de développement comme la réduction de la pauvreté, la sécurité alimentaire, l'égalité des sexes et la durabilité environnementale. L'appui au projet sera à court terme et il faut un véritable partenariat communautaire. Une fois qu'une note conceptuelle est une idée familière, les stations radiophoniques rurales peuvent constituer de solides partenaires de projets de développement. Consultez le site web du RRRPD qui comporte des documents utiles sur la façon de rédiger une note conceptuelle, d'établir des partenariats fructueux en matière de développement et de comprendre et d'établir des liens avec les donateurs (veuillez consulter le site web : http://www.farmradio.org/english/bdg/bdg5b.asp) (en anglais seulement).
5. Annoncer auprès des partenaires du projet, comme des ONG, des écoles privées et d'autres agences publiques, et leur facturer des frais minimums pour promouvoir leurs activités
Les stations radiophoniques et les centres de recherche peuvent facturer des frais réalistes de collaboration avec des organisations non gouvernementales qui sont déjà appuyées par certains donateurs. La même règle peut s'appliquer aux organismes gouvernementaux. Assurez-vous de contribuer à la rédaction de la lettre d'entente signée par tous les partenaires afin que chacun soit au courant des responsabilités et de la rémunération en espèces ou en nature impliquée dans le partenariat.
6. Établir des tarifs de publicité concurrentiels qui peuvent attirer des clients différents et plus nombreux
La publicité est un moyen important permettant aux stations radiophoniques de générer des revenus. Si elles établissent des partenariats avec des centres de recherche, elles peuvent gagner de nouveaux clients intéressés à promouvoir leur produit et à favoriser les liens entre la recherche et les radios. Une fois de plus, vous voudrez peut-être rédiger une lettre d'entente afin que les responsabilités et la rémunération de votre station et de ses clients soient claires.
7. Organiser et produire de très bonnes émissions et augmenter votre cote d'écoute
Rien ne se «vend» mieux que le succès! Un auditeur, un client ou un donateur sera plus fidèle si les émissions reposent sur les besoins des auditeurs et leur sont utiles. Les campagnes de financement impliquent bien plus que de l'argent mais utilisent toutes les ressources d'une station radiophonique rurale pour trouver des idées fantastiques en vue de mobiliser les ressources. Le RRRPD cherche à renforcer la programmation radiophonique rurale, à bâtir la capacité des ressources humaines et informatives et à utiliser plus judicieusement les ressources physiques et financières.
Rédigé par Helen Hambly Odame, professeure adjointe en études de vulgarisation rurale à l'Université de Guelph (Canada) et membre du Conseil d'administration du RRRPD. Pour obtenir de plus amples renseignements sur sa recherche auprès des stations radiophoniques, consultez le site web http://www.uoguelph.ca/~hhambly/ (en anglais seulement).
Des radiodiffuseurs branchés : apprentissage en ligne pour un développement durable
En participant à cette discussion, j'ai comme objectif d'apprendre les meilleures pratiques en matière de diffusion de l'information que je peux utiliser pour me permettre de fournir des messages à caractère agricole à mes auditeurs afin qu'ils puissent les utiliser en vue d'améliorer leur productivité et leurs revenus.
AU COURS DES SIX DERNIERS MOIS, 33 partenaires anglophones du Réseau de radios rurales ont discuté en ligne de leurs expériences et des façons de renforcer la radio rurale pour la réduction de la pauvreté et l'agriculture durable. Jusqu'à présent, plusieurs thèmes ont été abordés, notamment la protection de l'environnement, la recherche de ressources financières, le VIH et le sida, la communication, les besoins d'information des femmes et l'agroforesterie. L'émission a été organisée par le Réseau de radios rurales, avec l'appui du Commonwealth of Learning.
À l'origine, l'un des buts du groupe de discussion consistait à favoriser des liens entre les radiodiffuseurs ruraux au sein du Réseau de radios rurales et à renforcer notre capacité de production d'émissions efficaces pour le développement rural. L'un des faits saillants a été la discussion par les partenaires de certaines des conditions auxquelles font face les petits exploitants agricoles au Malawi.
Le scénario de discussion se présentait comme suit.
Le financement du développement est en baisse et chacun doit apprendre à faire plus avec moins. Au Malawi, les trois quarts de la population dépendent de l'agriculture et vivent sous le seuil de la pauvreté. Certaines collectivités sont souvent frappées par la famine. Comme le pays a une forte densité démographique (101 habitants au kilomètre carré), l'agriculture peut constituer une grave menace pour l'environnement. Il existe des problèmes environnementaux comme l'érosion des sols, l'infertilité et les dégâts causés par l'eau, qui sont provoqués en partie par des méthodes culturales non axées sur la conservation. (Dans d'autres régions de l'Afrique, il y a une sécheresse à répétition et une désertification.) Les intrants agricoles, y compris ceux qui sont nécessaires pour faire pousser la culture de base qu'est le maïs, coûtent cher et le gouvernement a supprimé les subventions dans bien des cas. La désillusion s'est installée chez les agriculteurs qui font face à des coupures au niveau de la vulgarisation et qui ont perdu les subventions.
Discussion en petits groupes
Les radiodiffuseurs se sont répartis en petits groupes et ont partagé leurs expériences de travail dans des conditions semblables dans leur propre pays. Presque tout le monde pouvait établir un lien avec le scénario du Malawi et travaillait avec des collectivités rurales souffrant de sévères restrictions au niveau des ressources (naturelles, humaines et économiques). Les radiodiffuseurs ont ensuite partagé leurs pratiques d'utilisation de la radio rurale pour remonter le moral et créer des processus de communications qui aident ces collectivités à progresser.
Vous pouvez lire les faits saillants de la discussion (en anglais) en consultant le site web http://www.farmradio.org/english/bdg/.
Nous aimerions également connaître le point de vue de partenaires francophones qui pourraient être intéressés par une discussion en français.
Samuel Ugochukwu, Nigeria
Dans un milieu rural, la radio est un véritable outil pour
aider à rehausser le niveau socio-économique des résidants
ruraux. Des recherches effectuées récemment dans un
village de l'est du Nigeria révèlent que presque tous les
ménages ont une radio... Par la radio, ils savent quand de
nouvelles innovations arrivent et apprennent de nouvelles
méthodes culturales et des informations sur les maladies...
c'est un moyen de subsistance dans les régions rurales.
L'information est vraiment puissante.
Sachia Ngustav, Nigeria
Nous luttons actuellement par le biais de la diffusion
de l'information [de l'agriculture traditionnelle] pour
réorienter les esprits vers les «anciennes» méthodes
agricoles de fertilisation avec des feuilles décomposées,
des déjections animales, des restes de nourriture,
l'agroforesterie et la plantation d'arbres.
Wilna Quarmyne, Ghana
L'expérience de la radio communautaire confirme que la voix
est un outil merveilleux pour redonner l'espoir et dynamiser
les collectivités... Les émissions hebdomadaires, qui mettent
les membres de la collectivité face à face avec leurs leaders
locaux aux niveaux du secteur et du district, donnent des
résultats. Des routes et des salles de classe sont construites
là où il n'y en avait pas, les femmes obtiennent une meilleure
reconnaissance en tant que chefs de file et la gouvernance
présente une plus grande transparence. C'est ce qui nous
permet de continuer!
Jimmy Okello, Ouganda
À la radio, nous continuons à envoyer
des messages positifs concernant les
nouvelles choses qui peuvent être faites
et nous contribuons à remonter le
moral ou simplement à lancer un
message d'espoir, au lieu d'insister sur
le fait que les choses vont mal pour
notre collectivité.
Gladson Makowa, Malawi
La radio peut remonter le moral des
agriculteurs uniquement si elle présente
leurs problèmes tels qu'ils existent vraiment.
Les émissions doivent être réalistes
et les solutions à leurs problèmes doivent
être présentées durant la même émission.
En dehors de provenir des fonctionnaires
ou des prestataires de services, c'est très
bien si les solutions viennent de collègues
agriculteurs qui expliquent certains des
défis qu'ils ont rencontrés avant de
surmonter le problème.
Songolo Olotunde, Zambie
Pour contrecarrer les problèmes auxquels faisaient face
les agriculteurs, nous avons dû concevoir des émissions
qui les aident. Nous avons réalisé des émissions sur la
diversification des cultures, dans le but d'encourager
les agriculteurs à faire pousser des cultures comme le
manioc, le paprika et les légumineuses pour améliorer
la fertilité de leurs champs. Nous avons également
travaillé avec le Centre d'information sur les marchés
agricoles pour fournir aux agriculteurs des données
hebdomadaires sur les prix en vigueur pour les intrants
et les récoltes.
John Van Zyl, Afrique du Sud
Aider les collectivités à progresser en mettant sur pied des associations
d'auditeurs avec des experts locaux et des façonneurs d'opinion fera
avancer l'émission radiophonique d'un cran. À la station ABC
Ulwazi, nous avons un dicton : « L'émission n'est jamais finie lorsque
la diffusion se termine. » La diffusion est une première étape, une
provocation, un stimulant pour réfléchir sur un sujet. Nous avons
un autre dicton : « La radio ne vous dit pas quoi penser, mais À
QUOI penser! »
Profil d'un partenaire
Aaron Kah (debout) et un collègue radiodiffusant en direct une émission sur les techniques d'apiculture.
QUI : Aaron Kah, radiodiffuseur
STATION : The Voice of Oku (GIE EBKUO)
OÙ : Province du nord-ouest, Cameroun
LANGUAGE de diffusion : Oku
Partenaire du RRRPD depuis : juin 2004
SELON LA journée, vous pourriez trouver Aaron Kah en train de rendre visite aux dirigeants d'une société coopérative de café, d'interviewer des apiculteurs ou d'assister à une réunion de gestion des forêts communautaires. Aaron est un radiodiffuseur avec la station Radio Voice of Oku. Cette station a été créée en 1998 sur MF 95 pour sensibiliser le peuple Oku à la production alimentaire durable, à l'autosuffisance alimentaire et à d'autres sujets destinés à améliorer leurs moyens de subsistance.
La station a démarré avec trois animateurs et deux techniciens. Deux ans plus tard, elle signait une entente avec un projet prodémocratie au Cameroun pour la production d'émissions sur les droits de la personne et l'action sociale. Le Programme national de recherche et de vulgarisation du gouvernement est entré en jeu pour financer des émissions sur la production alimentaire portant sur des sujets comme la pêche, l'élevage de petits animaux et la culture des champignons. En fin de compte, il a fallu construire une station-relais à cause de l'augmentation du nombre d'auditeurs. Aujourd'hui, GIE EBKUO (Voice of Oku) diffuse à 33 villages et à d'autres tribus voisines, dont Kom et Noni.
Ces photos illustrent les diverses activités effectuées par Aaron et ses collègues à la radio.
Apiculteurs à Oku avec des arbres aux houppettes (calliandres) qu'ils ont plantés pour favoriser la production de miel.
Un gemmeur ou entailleur (ouvrier chargé de la coulée du vin) à Mbam-Oku. Plus de 400 jeunes hommes participent à cette activité à Oku. Pour les appuyer, la radio diffuse quatre fois par semaine une émission appelée "Le vin de la vie".
L'apiculture et l'agroforesterie
Voice of OKU
LES ABEILLES MELLIFÈRES sont des agents pollinisateurs efficaces pour les nombreuses cultures vivrières. En intégrant les abeilles mellifères aux systèmes d'agroforesterie, les agriculteurs peuvent améliorer considérablement la production agricole.
Au Cameroun, la station Radio Voice of Oku produit des émissions sur les abeilles et les arbres. Les émissions font la promotion de la plantation d'arbres comme moyen d'accroître la production de miel et préconisent également l'apiculture comme moyen d'améliorer la pollinisation des cultures vivrières. La radio recommande des stratégies durables qui englobent la plantation active et la conservation d'arbres comme Calliandra spp., Acacia spp., « ding » et d'autres arbres et arbustes agroforestiers tropicaux qui fournissent du nectar pour les abeilles.
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les émissions, communiquez avec Aaron Kah à l'adresse : C.P. 214, Bamenda, Cameroun, aaronkah@yahoo.co.uk.
Pour obtenir une liste d'arbres et d'arbustes tropicaux polyvalents choisis pour les abeilles, ainsi que d'autres liens avec des sites web connexes, veuillez consulter le site The Overstory #40, Bees and Agroforestry (en anglais seulement).
Blythe McKay Se présente...
Blythe McKay (au centre) écoute pendant que Erica Ofue, de Radio Ada, enregistre des poissonniers dans le sud-est du Ghana pour son émission.
Bonjour tout le monde,
Je viens tout juste de me joindre à l'équipe du Réseau de radios rurales à titre de coordonnatrice des communications pour le développement. Cela signifie que j'aiderai à renforcer les partenariats existants avec les radiodiffuseurs en Afrique, tout en recherchant de nouveaux partenaires africains et en coordonnant les liens entre les radiodiffuseurs et les institutions agricoles africaines. J'ai fait ma maîtrise à l'Université de Guelph en études de vulgarisation rurale et ma thèse portait sur le rôle de la radio communautaire (Radio Ada) dans un village de pêcheurs au Ghana. J'ai également été impliquée dans le projet visant à établir des liens entre la recherche agricole et la radio rurale en Afrique, qui m'a permis de rencontrer plusieurs d'entre vous à l'atelier de Kumasi en 2002. Après mes études, j'ai passé un an comme stagiaire au Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada et j'ai participé à un projet de communications au Burkina Faso. J'ai également eu l'occasion de travailler avec le Réseau de radios communautaires du Ghana. Sur un plan personnel, je viens d'une famille d'agriculteurs – ma mère a immigré au Canada mais a grandi dans une ferme familiale au Royaume-Uni, que plusieurs de ses frères exploitent encore aujourd'hui. Durant plusieurs étés au cours de mes études secondaires, j'ai travaillé dans un ranch de l'Ouest du Canada, où je m'occupais des animaux en plus d'être guide pour des promenades à cheval. J'ai bien hâte de faire votre connaissance (par courriel, par lettre, au téléphone et en personne!) et d'entendre vos idées sur la façon d'améliorer le Réseau de radios rurales.
Textes
Idées d'émissions sur la plantation simultanée d'arbres et de cultures
Le RRRPD a d'autres textes sur le rôle de l'agroforesterie en vue d'améliorer les moyens de subsistance en milieu rural. Voyez les textes suivants à l'adresse www.farmradio.org. Cliquez sur « Textes », puis allez à « Arbres et culture des arbres ».
Qui possède les arbres?
La possession des arbres varie selon les lois locales
Sélectionnez les arbres qui s'associeront bien avec les cultures
Comment les agriculteurs peuvent choisir les espèces d'arbres appropriées pour l'agroforesterie
Le jardin-supermarché
Un « supermarché » forestier fournit de la nourriture à une
famille en période de besoin
Planter des arbres : spots radios
Quelques trucs sur la façon de planter des arbres, des arbres dans
les pâturages et des clôtures «vivantes»
Les arbres et les terrasses empêchent les inondations sur le flanc des collines
Un agriculteur éthiopien trouve un moyen d'empêcher les inondations
et les glissements de terrain


